« La Croissanterie a pour vocation de sortir des centres commerciaux et d’être toujours plus présente en centre-ville. »
Quels sont vos projets pour 2026 sous vos trois enseignes La Croissanterie, Roberta Caffé et Maison Pradier ?
Nous avons déjà sécurisé 17 projets d’ouverture pour 2026 en comptant le travel retail, qui représente 80 % de notre activité. Nous sommes notamment leader sur autoroutes avec nos partenaires pétroliers et, dans ce domaine, nous adoptons une stratégie à la fois offensive et défensive. Ainsi, nous sommes bien positionnés sur les appels d’offres 2025-2026, que nous avons remportés pour la grande majorité.
Quel est la part des franchisés indépendants dans votre stratégie ?

Notre aventure avec des franchisés indépendants (par opposition aux franchisés grands comptes) commence aujourd’hui : nous recherchons des entrepreneurs pionniers qui envie de rejoindre cette aventure. Pas seulement des investisseurs, mais aussi des exploitants. Le Groupe Delineo est un groupe qui se transforme, avec des marques assez solides, et nous ne voulons surtout pas perdre ce qui fait leur notoriété. La Croissanterie cible une clientèle plutôt mass market, Maison Pradier une clientèle plutôt premium, et Roberta se positionne sur le segment de la restauration traditionnelle.
Nous ne recherchons des franchisés qui ne seront pas mono-marques, mais des candidats qui veulent avoir la possibilité de s’exprimer sur leur territoire sous nos trois enseignes. Certains de nos franchisés exploitent déjà plusieurs sites, jusqu’à cinq dans le sud de la France. Nos partenaires indépendants bénéficient des moyens d’accompagnement d’un grand groupe, d’un grand franchiseur, qui met à leur disposition tous ses services en interne, y compris des architectes.
Comment prévoyez-vous de redéployer La Croissanterie sur le territoire français ?
La Croissanterie a pour vocation de sortir des centres commerciaux et d’être toujours plus présente en centre-ville. Et ainsi, de revenir à ses origines car, historiquement, l’enseigne a compté plus de 120 succursales en cœur de ville. Aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une trentaine, c’est pourquoi nous voulons retourner dans le cœur des villes moyennes représentatives. Pour cela, nous avons décidé de lancer notre expansion avec des franchisés indépendants sous un nouveau format.
Il y a quatre ans, avec notre nouvelle directrice artistique, nous avons remodelé nos points de vente en adoptant une nouvelle image. Et nous voulons pousser encore plus loin notre offre, nos standards et nos services, en adoptant les codes actuels de la boulangerie et du snacking, avec notamment des places assises pour le service du midi. C’est pourquoi nous travaillons sur un nouveau concept à venir d’ici fin 2026, avec notamment une offre de plats chaud en plus du snacking plus traditionnel (salades, sandwiches), afin de prendre des parts de marché supplémentaires.
Ces derniers temps, nous avons été amenés à fermer quelques sites en centres commerciaux, notamment car il n’est pas possible d’y travailler sur toutes les heures, notamment celles du matin. Mais aussi parce l’environnement commercial y a changé. A Ormesson, par exemple, nous étions présents depuis plus de 40 ans : ayant été les premiers, nous y avons une place privilégiée, une histoire. Mais aujourd’hui, il existe plus de 30 acteurs en restauration autour du centre. C’est pourquoi nous voulons que La Croissanterie redevienne un acteur de flux, en cœur de ville. Nous allons donc retravailler notre concept pour réécrire les codes de notre offre, afin d’affronter un secteur qui a été ébranlé. Être implantés en cœur de ville autorise une flexibilité dans nos horaires que le centre commercial ne permet pas. On peut par exemple adresser le soir, avec des canaux potentiels de chiffre d’affaires pour le delivery (la livraison), ce qui n’est pas possible en centre commercial. De plus, les charges locatives en centre-ville sont moins importantes que dans les centres commerciaux.
Où en est le développement de l’enseigne Roberta, reprise en 2018 ?
Nous avons lancé de nouvelles couleurs pour Roberta qui ont été adoptées par le restaurant de Paris-Bercy, et nous alors d’abord tester ce modèle en succursale, en province, sur une zone située à la sortie d’un cinéma, avant de le dupliquer avec des franchisés sur des zones de flux, avec un loyer attractif et une surface adaptée.
Et où en est le développement de l’enseigne Maison Pradier, elle aussi reprise en 2018 ?

Maison Pradier a été rachetée il y a sept ans. Elle se positionne sur l’univers du traiteur-pâtisserie premium, et nous l’avons développée en travel retail par opportunité, dans des gares et des aéroports. Nous avons ouvert trois nouveaux points de vente en 2025 à Paris et à La Défense, que nous avons repositionnés sur le standard d’origine, à savoir une offre de pâtisserie-traiteur, sur laquelle vient se greffer une offre de snacking, plus une partie salon de thé.
Nous préparons pour 2027 une ouverture sur un format plus conséquent, avec 50-60 places assises. Le dernier point de vente ouvert sur 100 m², au centre commercial So Ouest (à Levallois), ne propose que du snacking, avec seulement quelques places assises. C’est un format beaucoup plus petit, qui est en phase de test, car nous y ajouter une offre en libre-service, avec une vitrine réfrigérée, pour cibler une clientèle plus urbaine, habituée à ce type de consommation.
Pour le moment, Maison Pradier se développe en succursale : cela nous permet de tester différents modèles en travel retail comme en-dehors, et bientôt en province, avant de les déployer en franchise.
Quels sont vos projets à l’international ?
A l’international, certains acteurs nous approchent et nous avons beaucoup de pistes, notamment sur le Moyen-Orient, le Maghreb ou encore le marché asiatique. Les marques les attractives à l’export sont Maison Pradier, qui reprend les codes du salon de thé parisien, et Roberta, car la gastronomie italienne est universelle. Mais sur ces deux enseignes, il nous faut d’abord réussir notre pari français avant d’exporter.