Le marché des loisirs indoor confirme son attractivité auprès des entrepreneurs. De Laser & Beers à EVA, en passant par New Jump et Youpi Parc, les enseignes affinent leurs formats et intensifient leur développement en franchise, en France comme à l’international.
Le marché des loisirs indoor est installé depuis plusieurs années sur une dynamique de croissance structurelle. Il affiche depuis 2019 une hausse de ses revenus de 15 % par an, pour attirer chaque année dans ses complexes plus de 13 millions de visiteurs. À la différence des activités saisonnières dépendantes des aléas climatiques, ce secteur a pour lui la capacité de capitaliser sur la récurrence, la privatisation et de pouvoir transformer, comme on le rappelle chez EVA (Esports Virtual Arenas), « un simple moment ludique en véritable temps social ».
Les réseaux de franchise qui animent cet univers s’appuient crescendo sur un triptyque gagnant : des surfaces importantes et bien visibles en périphérie de villes, une hybridation des modèles avec une offre de divertissement combinant une offre de bar/snacking et une montée en puissance de leur segment BtoB. « Notre chiffre d’affaires ne cesse de progresser depuis notre ouverture il y a maintenant 7 ans, illustre Damien Bertrand, gérant du réseau Laser & Beers. Notre force est de nous appuyer sur un concept marketé, l’expérience client étant la base de toutes nos réflexions stratégiques ».
Laser & Beers : faire d’un laser game un lieu de destination

Laser & Beers a précisément bâti son modèle sur une hybridation, avec cette promesse : « vivre une expérience immersive forte », puis la prolonger dans « un espace convivial ». Sur 1 200 m², l’enseigne décline, d’une part, un bar à bières de 600 m², disposant d’une capacité de 250 personnes, avec 16 tirages de bières à la pression, plus de 80 références de bouteilles et une offre de petite restauration issue de producteurs locaux (planches de fromages et charcuteries). L’enseigne est titulaire de la licence 3, « et surtout pas de la licence 4 (vente d’alcools supérieurs à 18°), ce qui nous permet d’avoir une clientèle très familiale et simple à gérer », indique Damien Bertrand.
Deuxième pilier de son modèle : un espace de laser game « nouvelle génération » occupant également 600 m². Univers scénarisés, jeux de lumières, musiques, décors immersifs : il constitue le moteur de l’attractivité de l’enseigne. Le principe ? Les participants s’affrontent dans une arène immersive en portant des gilets avec capteurs et des pistolets lasers, l’objectif étant de marquer un maximum de touches sur les adversaires. Alors que cet espace offre une rotation dynamique des groupes, le bar, lui, a pour vocation « d’allonger la durée de présence des clients et d’augmenter le panier moyen de nos complexes », précise-t-on chez Laser & Beers.
« Nous ne sommes pas implantés en plein centre-ville mais très légèrement excentrés, sur les axes passants », souligne Damien Bertrand. Laser & Beers enrichit aussi ses centres par des espaces de jeux autonomes : billards, fléchettes, baby-foot, flippers, ainsi que des animations « à coûts maîtrisés » : concerts, retransmissions sportives, soirées poker, etc. Autre levier du modèle: le segment BtoB. « Les afterworks, séminaires, team building et privatisations permettent de lisser l’activité de nos centres en semaine », complète Damien Bertrand.
En matière de développement, la stratégie privilégiée par les dirigeants se veut progressive et qualitative. « Nous avançons doucement, mais sûrement. Nous ne cherchons pas 10 ouvertures par an. L’idée est d’accompagner, de conseiller et de faire grandir notre modèle à travers la France », affirme Damien Bertrand. Et de décrire les profils de franchisés qu’il recherche : « l’idéal est de se lancer à 2 ou 3 personnes associées. Notre concept ne requiert pas de formation spécifique. Il faut avoir envie de s’investir et de faire évoluer son centre de profit, insiste-t-il. Nous recherchons des candidats qui aiment la polyvalence, combinant travail en front-office (bar, lancement des parties de laser game…) et en back-office (gestion administrative, communication et réseaux sociaux…). »
New Jump et Youpi Parc : la puissance du segment familial

Avec ses deux réseaux New Jump et Youpi Parc, le groupe 2TS mise sur des formats complémentaires, ciblant des tranches d’âge distinctes et capitalisant sur la récurrence des anniversaires et sorties familiales. New Jump déploie des salles de trampolines indoor accessibles dès 6 ans, combinant pratique libre et espaces événementiels. « Depuis notre création, le réseau a connu une croissance régulière. Nous avons à ce jour 7 centres », indique Sylvie Castel, sa directrice développement. Le temps moyen de présence des clients dans les centres avoisine une heure, ce qui favorise « un flux soutenu et une rotation optimisée ». Youpi Parc s’adresse, pour sa part, aux enfants de 1 à 9 ans. Il propose des structures tubulaires, des toboggans et des châteaux gonflables. Les familles y restent entre 2 et 3 heures, « ce qui renforce les revenus annexes », indique-t-on à la tête du réseau, qui compte, à ce jour, 12 implantations.
Pour se déployer, les deux concepts requièrent des centres avec des surfaces comprises entre 1 000 et 1 500 m², en zone commerciale ou en périphérie, « avec une forte visibilité et un accès facile », précise Sylvie Castel. Et d’ajouter : « Nous accompagnons nos futurs franchisés dans la recherche de leur local, et validons les futurs sites sur le plan technique ». L’investissement pour se lancer en franchise avec ces deux enseignes s’établit entre 400 et 500 000 €. « Nos franchisés atteignent un seuil de rentabilité entre 12 et 18 mois », souligne la dirigeante. La formation initiale se déroule en trois phases, alternant théorie et immersion en centre pilote, avec un fort accent sur la sécurité. En matière de développement, l’ambition de la dirigeante est d’« atteindre 25 centres aussi bien sur Youpi Parc que sur New Jump », avec des focus sur l’Île-de-France, la région Paca, la Bretagne et l’Est du pays, « où il existe une forte demande pour les activités de loisirs », affirme Sylvie Castel. Avant d’ajouter : « Nous visons aussi un développement hors métropole, nous avons beaucoup de demandes pour le Maghreb et l’Afrique sub-saharienne, ainsi qu’en Europe. » Les profils recherchés par les deux réseaux ? « Des entrepreneurs investis et motivés, avec un très bon sens du relationnel et des capacités managériales, précise Sylvie Castel. Sans oublier une appétence pour les activités loisirs et sportives, une envie d’entreprendre et de porter nos valeurs : la convivialité, la sécurité et le dynamisme ». Et de conclure : « J’insiste sur ce point : nous sommes très ouverts à l’entrepreneuriat féminin ».
EVA : industrialiser l’e-sport immersif

Créé en 2019, le concept EVA (Esports Virtual Arenas), propose une expérience de réalité virtuelle (VR) « à grande échelle » où les joueurs, équipés de casques VR, se déplacent physiquement dans des arènes de 500 m², tout en étant immergés dans un jeu numérique, pour « une liberté de mouvement dans l’espace de jeu. » Entièrement développé en franchise, le réseau compte plus d’une cinquantaine de centres dans le monde, dont une quarantaine en France. Pour s’implanter, la franchise cible des bassins de 250 000 habitants minimum, en zones de loisirs ou commerciales.
Le modèle économique d’EVA repose sur la billetterie, les abonnements et le CyberBar intégré. « Cette activité mêlant bar et snacking, qui réalise entre 15 % et 20 % du chiffre d’affaires du réseau, permet à nos centres de développer le marché BtoB », explique Jean-Michel Rolland, son directeur des ventes. Séminaires, événements corporate et compétitions officielles renforcent l’ancrage communautaire voulu par l’enseigne. « Nous organisons dans nos centres des compétitions officielles, les centres étant bien sûr également ouverts à tous publics », ajoute-t-il. L’investissement pour ouvrir une arène oscille entre 600 et 700 000 €, avec un apport personnel de 150 à 200 000 €. À maturité, un centre réalise près de 700 000 € de chiffre d’affaires. S’agissant des perspectives de développement de la franchise, le directeur des ventes confie : « Il reste encore une trentaine de places en France. Notre volonté est d’ouvrir dans les trois prochaines années une dizaine de nouveaux centres par an ».
Monky, ou le succès de la multi-activités

Fondé en 2021, Monky développe un concept de centres de loisirs indoor multi-activités positionné sur le segment familial et intergénérationnel. L’enseigne regroupe sous un même toit bowling, laser game, arcade, karaoké, jump park, espaces enfants et offre de restauration, avec l’objectif de « proposer une expérience complète et génératrice de flux toute l’année ». Déjà implanté dans plusieurs villes françaises (Estillac, Laval, Mont-de-Marsan, Châteauroux, Carcassonne..), le réseau poursuit son maillage territorial via la franchise. Le modèle repose sur de grands formats, combinant diversification des revenus et forte attractivité événementielle (anniversaires, groupes, entreprises…).