📷 Pourquoi la franchise séduit tant les jeunes entrepreneurs ?
35 ans, c’est l’âge moyen, en France, d’un franchisé qui ouvre son premier point de vente, selon la 19e Enquête de la franchise-Banque Populaire en partenariat avec la Fédération française de la franchise. 35 ans, c’est aussi, et sans conteste, l’âge de la maturité pour entreprendre dans le commerce. Pourtant, un nombre non négligeable de commerçants en herbe, plus jeunes encore, n’hésitent pas à franchir le seuil qui mène à l’entrepreneuriat. En effet, selon la Fédération française de la franchise, 50 % des franchisés qui se lancent ont entre 18 et 35 ans. Et pour cause : 47 % des 18-30 ans aspirent à une carrière entrepreneuriale, selon une enquête de l’Ifop pour Bpifrance (mai 2023), « l’envie de liberté et d’indépendance étant, pour eux, le premier moteur de la création d’entreprise », peut-on lire dans l’étude.
« Si l’intérêt des jeunes pour l’entrepreneuriat s’est fortement accru ces dernières années, cela se vérifie avec la franchise, qui accueille chaque année de plus en plus de jeunes entrepreneurs prêts à monter leur projet, observait, en mai 2023, Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération française de la franchise, dans un communiqué. Ils prennent conscience que cette voie peut développer leur parcours professionnel ou devenir un véritable projet de carrière ». « La franchise a, depuis de longues années, cette capacité à pouvoir accueillir ces jeunes audacieux, désireux de créer leur entreprise, qu’ils soient d’ailleurs seuls ou en couple », reprend Franck Berthouloux, directeur du cabinet de conseil TGS France Consulting. Et preuve que la franchise peut convenir à des profils variés, reflétant ainsi « la diversité des opportunités offertes par notre modèle », se félicite-t-on à la FFF : alors que 36 % des nouveaux franchisés sont titulaires d’un CAP, d’un BEP, d’un BAC pro ou d’un BAC, 40 % d’entre eux ont un BAC +2 ou +3, et 24 % d’entre eux un BAC +4 ou au-delà.

Sébastien Cogez, directeur délégué du réseau Apef
Affiliés de la chaîne de restauration Pizza Cosy à Strasbourg (67), Élise Fabing et Théo Milloth se sont lancés, en 2021, dans le grand bain de la franchise après une première expérience dans le secteur bancaire. Leur but était clair : « Être notre propre patron, expliquent-ils. De plus, nous ne nous retrouvions pas dans les valeurs et le mode d’organisation managériale des entreprises dans lesquelles nous avions effectué nos alternances. Aussi, nous avons eu un véritable coup de cœur pour l’état d’esprit de Pizza Cosy. » Toutefois, les chemins qu’empruntent les jeunes entrepreneurs les menant à la franchise ne sont pas linéaires. Prenons l’exemple de Félix Riffard, à la tête, depuis ses 22 ans, d’un magasin du réseau de cuisinistes SoCoo’c à Aubenas (07). Ses premiers pas dans la franchise, en 2021, il les doit à son père, déjà franchisé d’un point de vente de cuisines. « C’est lui qui m’a donné le goût d’entreprendre. Cette activité est un formidable défi personnel, mais aussi une belle histoire de transmission que je partage avec lui », dit-il.

Autre parcours d’un jeune entrepreneur commerçant pour le moins inspirant : celui de Mickaël Lipari. Dès l’âge de 16 ans, et en parallèle de ses études de commerce, il effectue plusieurs missions dans la restauration. En 2017, alors âgé de 26 ans, il lance sa propre marque, Crêpe Touch, qui, quatre années plus tard, deviendra une franchise, avec l’aide de son associé Grégory Clément. A 33 ans et à la tête d’une enseigne qui compte 9 unités, Mickaël Lipari affiche aujourd’hui ses ambitions : compter 11 nouvelles adresses en 2024 et atteindre les 50 pavillons en 2027, notamment grâce à la multi-franchise. « Pour nous, la franchise est un véritable accélérateur de croissance, permettant un déploiement presque 4 à 5 fois plus rapide qu’en gestion directe », affirme-t-il. Une autre initiative, menée par l’enseigne Daniel Moquet (aménagement de cours, allées et terrasses) est saluée par Franck Berthouloux (TGS France Consulting). « Sa tête de réseau encourage de nombreux jeunes salariés de l’enseigne à devenir associés, et chefs d’entreprise, par le moyen de l’ascenseur social. C’est très encourageant pour le jeune et ça permet de le fidéliser à l’enseigne. Et autre preuve qu’il y a, dans ce réseau, une bonne émulation vers l’entrepreneuriat : bon nombre d’animateurs réseau qui accompagnent les franchisés choisissent, eux aussi, d’en devenir affilié. »

Valentin Gibier, franchisé Attila à Laval
Franck Berthouloux (TGS France Consulting)
« En franchise, il y a les invariants, à savoir la marque, son modèle et son savoir-faire. Naturellement, le franchisé, quel qu’il soit, doit les respecter. Mais en franchise, il y a aussi les variants, ce sont tous ces éléments qui relèvent de l’entrepreneur seul, et qui construisent aussi son parcours. Ils sont ainsi concentrés dans un espace qui lui est propre et qui peut se matérialiser par des prises d’initiative et des prises de position. J’invite donc les jeunes entrepreneurs à respecter les invariants tout en faisant preuve d’un esprit d’ouverture qui peut servir l’intérêt général. Apporter des idées nouvelles et même partager ses échecs est un bon moyen de faire progresser tous les maillons du réseau. J’encourage même les franchiseurs à ouvrir ces espaces d’échanges entre franchisés. Ils ne sont pas assez nombreux à le faire. »