« Mon objectif, c’est de pouvoir me développer assez rapidement : j’ai prévu de recruter cinq intervenants en première année, puis treize en deuxième année. »

Pouvez-vous nous en dire plus à propos de votre parcours professionnel avant de devenir franchisée O2 ?

J’ai suivi des études dans la coiffure, mais j’ai eu des petits problèmes de santé : des tendinites à répétition au niveau des épaules, donc je me suis dirigée vers une autre voie. Avant de rejoindre O2, j’ai travaillé dans d’autres agences de services à domicile. J’avais pour projet d’exercer dans le secteur de la petite enfance : c’est pour cela que je me suis tournée vers O2 dans un premier temps, parce que je savais que cela me permettrait de passer le CAP petite enfance. Mais entre-temps, j’ai eu envie d’évoluer, parce que j’ai eu moi-même mes propres enfants.

Avant d’ouvrir ma propre agence, j’ai rejoint l’agence franchisée O2 de Bourgoin-Jallieu en 2018 en tant qu’intervenante. J’ai été formée en tant qu’assistante ménagère puis, au bout d’un an, en tant qu’assistance d’agence. J’ai ensuite été nommée chargée de clientèle, puis responsable de secteur. Cela m’a permis de m’occuper de toute la partie public fragile, donc de l’aide aux seniors, et de faire des visites auprès de ce public. Mais aussi de faire du management en équipe, et de pouvoir toucher à peu près à tout, hormis ce qui est facturation.

En juillet 2025, j’ai obtenu mon diplôme « Responsable-coordonnateur services au domicile » (RCASD). Puis j’ai voulu franchir le pas et ouvrir ma propre agence, ce que j’ai fait depuis le 21 avril 2026.

Quel a été l’élément déclencheur qui vous a donné envie de vous lancer dans ce projet ?

Emilie Touchard, franchisée O2 au Pont-de-Beauvoisin

Je suis quelqu’un de très investi, j’aime vraiment ce que je fais. Donc je me suis dit : pourquoi ne pas monter ma propre agence avec mes propres valeurs ? Parce qu’on n’est pas forcément décisionnaire quand on n’est pas à notre compte. C’est pour cela que j’ai vraiment eu envie de passer le cap.

C’est un projet qui a été réfléchi depuis deux ou trois ans : j’avais des ambitions depuis très longtemps. Et puis la coïncidence a fait qu’il restait une zone blanche dans un secteur géographique que je connaissais très bien. Donc je me suis dit que le hasard fait bien les choses. Je me suis alors dirigée vers le groupe Oui Care pour demander s’il était possible de devenir franchisée sur la zone disponible. Christine Billion, ma conseillère, s’est renseignée auprès d’O2 sur la possibilité de couvrir deux départements, l’Isère et la Savoie, une configuration relativement rare. Puis nous avons travaillé ensemble à la définition de la zone d’intervention et des secteurs concernés avant de formuler la demande. Au bout du compte le projet était envisageable, donc je me suis dit : « Allez, c’est parti » !

La zone en question, autour de Pont-de-Beauvoisin, se trouve à 45 minutes de Bourgoin-Jallieu, où je travaillais tout en habitant à Dolomieu, qui se trouve à la fois à 30 minutes de Bourgoin-Jallieu et à 20 minutes de Pont-de-Beauvoisin. C’est un beau secteur qui touche l’Isère et la Savoie. Mes enfants (une fille de 11 ans et un garçon de 8 ans) ont des activités dans ce secteur, j’y ai des connaissances et des facilités de partenariat. Donc il y avait beaucoup de projets qui pouvaient être plus faciles à mettre en place dans cette zone géographique.

Comment avez-vous été formée et accompagnée avant et pendant l’ouverture de votre agence ?

La réalisation du projet a été très rapide : en décembre 2025, nous avons mis en place un business plan. J’ai bénéficié d’un bel accompagnement du groupe Oui Care : je n’étais pas seule. Le franchiseur m’a aidé à monter le business plan, l’étude de marché avec la zone géographique, le nombre de ménages etc. J’ai dû rechercher un local, mais l’enseigne m’a fourni un dossier d’accompagnement avec une check-list assez complète. Au départ, j’ai recherché un local sur leboncoin, mais je n’ai pas forcément trouvé ce que je voulais. Alors je me suis déplacée, et j’ai déniché une pépite : un local au centre-ville de Pont-de-Beauvoisin, situé sur une place face à la Mairie, avec un parking gratuit. Pour moi, c’était l’emplacement idéal !

En ce qui concerne le financement, j’ai fait une demande de prêt d’honneur auprès de l’association Initiative Savoie, qui a vraiment été là pour m’accompagner. Il a fallu monter un dossier, passer plusieurs rendez-vous, plusieurs entretiens : c’était un enjeu important, car cela m’a permis d’obtenir un financement bancaire et de réunir 75 000 € d’investissement initial.

Concernant la formation, j’ai fait un point avec groupe Oui Care et le réseau O2. Exceptionnellement, je n’ai pas eu besoin de formation supplémentaire, car mon parcours était très complet. J’avais déjà suivi des formations en interne avec O2 : assistante d’agence, chargée de clientèle etc., donc je n’avais pas besoin de formation spécifique pour ouvrir une agence franchisée.

Comment se passe le lancement de votre activité et quels sont vos projets ?

Je suis accompagnée par un animateur qui m’a suivie lors de l’ouverture et avec lequel je fais des points réguliers. Actuellement, mon agence propose des prestations de ménage, de repassage et de garde d’enfants. A terme, je prévois d’y ajouter le jardinage et l’aide aux seniors, car j’ai déjà des demandes donc je sais que cela représente un fort potentiel. Cette dernière activité d’aide aux seniors a des particularités : si l’on veut exercer en tant que prestataire, il faut demander une autorisation administrative, et obtenir un niveau de formation supplémentaire. Sinon, O2 a développé un mode mandataire qui, je pense, me permettra d’ouvrir cette activité assez rapidement.

Depuis l’ouverture, c’est un peu sport : j’ai déjà eu des missions chez le client et pour l’instant, au vu de mon expérience, je les effectue. Donc je suis à la fois la chef d’entreprise, la patronne de l’agence et l’intervenante. Or j’ai beaucoup de demandes qui arrivent d’un seul coup, beaucoup de signatures, beaucoup de mises en place. Donc je suis vraiment en phase avec mon business plan et je vais réaliser une première embauche le 22 juin prochain. Les candidats viennent à moi : j’ai passé des annonces, mais certains viennent directement dans mon agence, parce qu’il y a très peu d’agences de services à domicile dans le secteur.

Mon objectif, c’est de pouvoir me développer assez rapidement : j’ai prévu de recruter cinq intervenants en première année, puis treize en deuxième année.

Pour la suite, j’ai plusieurs possibilités : peut-être ouvrir une deuxième agence, pourquoi pas ? Pour l’instant, cela reste un réflexion, parce que j’aimerais déjà bien me développer et faire les choses correctement, petit à petit.

Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui hésiterait rejoindre le réseau ?

Pour moi, cela reste un projet qui doit quand même être réfléchi : il faut savoir où l’on va. Personnellement, j’ai eu une certaine appréhension avant de franchir le pas mais il ne faut pas avoir peur : si on n’ose pas, on ne saura jamais. Donc il faut y aller, il ne faut pas avoir de doutes, parce qu’on est quand même bien accompagné, on n’est pas seul. Forcément, ce n’est pas tous les jours facile, j’ai des moments de stress, des moments de doute. Mais au bout du compte, je m’y retrouve, parce que les valeurs d’O2 sont aussi les miennes, donc j’aime ce que je fais et j’en suis contente et fière.