« Même si nous restons très attachés au magasin physique, qui constitue notre ADN, le canal de distribution du numérique n’est plus une option. »
Comment prévoyez-vous de faire évoluer votre concept Cash Express, positionné sur un marché de la seconde main en pleine mutation ?
Nous préparons actuellement la sortie de notre tout nouveau site internet, qui sera le fruit de nombreux mois de travail. Il s’agira plus d’une market place que d’un site web : le client pourra acheter dans tous nos magasins sur le même site. Ce ne sera pas qu’un site marchand : nous allons mettre en place une nouvelle mécanique. Nous sommes actuellement en train de le tester, et nous espérons pouvoir le lancer au mois de juin, afin de communiquer officiellement en septembre.
En quoi votre nouveau site internet sera-t-il différent de ceux de vos concurrents ?

Nous allons adopter une mécanique complètement différente : on ne sera plus sur du web-to-store. Pour l’internaute, l’entrée dans notre enseigne passera par le produit. Nous proposerons toujours l’achat au meilleur prix : au prix le plus bas pour nos clients acquéreurs, au prix le plus haut pour nos clients vendeurs. Nous allons apporter quelque chose de différenciant en termes d’homogénéité, de transparence et de rigueur dans la base argus. Car le métier s’est professionnalisé : on n’est plus dans le bric-à-brac.
Sur notre nouveau site, tout le stock du franchisé remontera en ligne de façon automatique avec intervention de l’IA pour optimiser les photos, les descriptions des produits et leur catégorisation dans le moteur de recherche. Aujourd’hui, le canal de distribution du numérique n’est plus une option, car c’est un canal adopté par les jeunes générations. Nous devons donc proposer le stock le plus important, le plus complet possible, car cela participe au référencement de notre site et à sa mise en avant par les algorithmes.
Comment prévoyez-vous d’articuler l’activité de votre nouveau site internet et celle de votre réseau de magasins physiques ?
Notre métier a déjà changé entre les périodes avant Covid et après Covid, avec le recours de plus en plus important au canal de distribution internet. Nous faisions déjà de la vente en ligne mais le mouvement va s’accélérer, et nous sommes prêts à prendre ce virage : aujourd’hui, tout se passe en temps réel.
L’activité de nos magasins est elle aussi appelée à évoluer. Ainsi, étant donné que la fréquentation physique est en baisse, les équipes ont un peu plus de temps pour gérer le volet digital. Une autre piste que nous étudions est de prévoir un stock déporté, afin de pouvoir travailler sur des univers produits plus vastes que ceux qui peuvent être présenté en point de vente.
Pour autant, nous restons très attachés au magasin physique, qui constitue notre ADN, et nous permet d’être présents dans les villes moyennes. Une des forces de Cash Express, c’est sa capacité à ajuster la voilure pour pouvoir s’implanter au plus près de la clientèle. Notamment dans les villes de 10 000 habitants, sur des zones de chalandise de 30 à 40 000 habitants, avec un modèle économique rentable sur sa zone d’accessibilité géographique et économique.

Le chantier de création de notre nouveau site internet représente un gros investissement. En contrepartie, la tête de réseau perçoit 5 % du chiffre d’affaires réalisé en ligne par nos franchisés : cela représente la commission due au franchiseur. Nos franchisés sont au courant de notre projet, et impatients de le voir aboutir : cela fait deux ans qu’on leur en parle, notamment en réunions régionales.
Même si c’est une grosse évolution, nos franchisés sont rassurés, même les plus anciens car, avant d’attaquer la partie digitale, nous avons d’abord travaillé sur l’aménagement des magasins physiques, notamment pour mettre en valeur l’univers du luxe. Aujourd’hui, nous finalisons l’outil incontournable du site internet, mais nous n’avons pas grillé les étapes et ensuite, nous allons travailler sur d’autres services.
Quels sont vos objectifs pour les années qui viennent ?
Dans notre modèle omnicanal, le marché digital, qui pèse à ce jour pour 15 % du chiffre d’affaires des magasins, représentera à terme 25 % de ce CA. La majorité du business passera encore par les magasins physiques. Mais les générations Y à A ont des comportements d’achat 100 % numériques, c’est pourquoi nous devrons les accompagner sur leur espace de consommation.
Nous allons aussi poursuivre le développement du réseau Cash Express, qui compte à ce jour 130 franchisés. L’enseigne a été lancée en 2002 pour la partie opérationnelle, son développement a démarré en 2003-2004, mais c’est maintenant que notre métier devient jeune avec l’essor de la culture du vide-greniers, de la RSE, de l’économie circulaire et de l’achat vertueux. Nous bénéficions de la montée en puissance d’un mode de consommation décomplexé, popularisé par des acteurs comme Le Bon Coin, Black Market ou encore la grande distribution. Aujourd’hui, nous constatons un intérêt de la part de générations de plus en plus jeunes pour se lancer dans l’activité. De plus en plus de jeunes salariés souhaitent se lancer en reprise ou en création. Par exemple, nous avons déjà accueilli un candidat de 22 ans : deux ans plus tard, il est prêt à monter un deuxième magasin.