« Notre nouveau concept magasin positionne Cash Converters comme une marque dans l’air du temps, qui adopte le mêmes codes que le marché du neuf. »

Début 2025, votre groupe Pure Ventures a repris le réseau français sous enseigne Cash Converters et la master franchise pour la France : où en sont vos actions pour relancer l’activité ?

L’activité est rentable depuis octobre 2025, ce qui est de nature à rassurer nos franchisés et nos prospects. D’une soixantaine de points de vente au moment de la reprise, le parc est passé à une cinquantaine d’adresses à fin mars : 35 en franchise et 15 en propre. Cela fait suite à la fermeture de deux succursales dont les emplacements n’étaient pas adaptés à notre nouveau positionnement, et à la sortie du réseau de certains magasins franchisés.

Avez-vu prévu de relancer le développement du réseau en franchise ?

Ahmed Chaieb, CEO de Cash Converters (France)
Ahmed Chaieb, CEO de Cash Converters France

Pendant la première année qui a suivi le rachat, nous avons choisi de nous recentrer sur ce qu’on sait faire, de tester notre méthode et de montrer que notre réseau se porte mieux. Cette année, nous allons recruter dix nouveaux franchisés, et les accompagner pour devenir multi-franchisés.

Nous avons déjà des commerçants en activité venus de l’univers du jouet qui veulent convertir leur magasin en Cash Converters. Mais aussi beaucoup de porteurs de projet intéressés par la seconde main du fait de la crise économique, qui montrent un intérêt fort pour devenir franchisés Cash Converters. Car nous sommes passé d’un marché vintage, poussiéreux, à une marque dans l’air du temps, qui adopte le mêmes codes que le marché du neuf.

De quelle manière avez-vous fait évoluer le concept Cash Converters ?

Depuis la reprise de l’enseigne, notre stratégie vise à adapter notre offre aux besoins du consommateur, afin que ce dernier trouve chez nous le bon produit à petit prix. Cela peut-être des produits de seconde main mais aussi de des produits de « seconde chance », dont l’emballage est abîmé ou des fins de stock, par exemple des téléviseurs Samsung en fin de série.

Nous avons décidé de sortir de notre modèle historique axé sur les téléphones et le gaming, dans un univers de « garçonnière », afin de bâtir une offre pour toute la famille, avec plus de produits et des produits plus diversifiés. Nous avons ainsi intégré du petit électroménager en « seconde chance », ou encore des jeux et jouets, qui sont complémentaires du gaming et du rétrogaming. Concernant la maroquinerie et la bijouterie, nous avons procédé à une montée en gamme vers l’univers du luxe, avec des experts métiers capables d’authentifier le produit.

Magasin de seconde main à l'enseigne Cash Converters à Hérouville Saint Clair

Nous avons également créé une centrale d’achats avec des chefs de marché, afin de positionner Cash Converters sur le modèle d’un grand magasin comme par exemple Le Printemps, avec des experts par univers et par produit. Et comme le client peut être frustré s’il ne trouve pas le produit qu’il recherche au meilleur prix, nous proposons un peu de neuf : par exemple le nouveau modèle d’iPhone, en rachetant l’ancien modèle, et en proposant des accessoires (AirPods, écouteurs, gel de protection) et des services (extension de garantie…). Cette offre de garantie et d’accessoires peut-être dupliquée à tous les univers.

Nous avons aussi ajouté une offre de gros électroménager, qui n’est pas présente sur tout le réseau, car elle ne convient pas aux magasins de plus petite taille en centre commercial ou en centre-ville. Mais dans nos plus grands magasins de périphérie avec parking, nous proposons du gros électroménager en « seconde chance ».

Le défaut du modèle de l’achat-vente, c’est qu’il nous rend trop dépendant des consommateurs vendeurs. Ce qui génère de la frustration et une perte de consommateurs acheteurs dans les zones où il n’y a pas assez de produits. En élargissant notre offre à la « seconde chance » (par exemple des Lego avec un emballage un peu abîmé pour un prix attractif), nous sommes sûrs d’avoir un produit dans chaque univers. Nous n’allons pas nous transformer en magasin Darty, mais le client pourra trouver chez nous un téléphone ou un écran de marque pour un bon prix.

Pouvez-vous nous parler de votre nouveau concept magasin ?

Pour ce nouveau concept, nous avons voulu dépoussiérer le côté un peu vieillot du magasin d’occasion : pour cela, nous avons décidé de reprendre les codes du neuf et d’y intégrer de l’occasion. Par exemple, pour présenter les modèles d’exposition, nous utilisons les mêmes codes que le neuf, avec des codes couleurs et une nouvelle interprétation de la marque Cash Converters. De même, pour les nouvelles tenues des employés, nous avons repris les codes du retail physique.

Nous avons aussi décidé d’accompagner le client afin qu’il ne soit pas mal à l’aise en poussant notre porte, parce que la seconde main s’est démocratisée : nous sommes devenus un magasin de destination, les clients ne viennent plus seulement parce que c’est moins cher.

Il y a toujours autant d’acheteurs en magasin, mais notre challenge aujourd’hui, c’est de comprendre le besoin du consommateur. Cela nous permet de mener des campagnes autour du magasin pour faire savoir que nous avons besoin de tel type de produits. Par exemple, dans l’univers du rétrogaming, où il n’existe pas de sourcing national, nous privilégions le sourcing local.

Le nerf de la guerre, c’est de soutenir le trafic en magasin, ensuite seulement nous nous pencherons sur le e-commerce. Sur le marché de l’occasion, le client veut voir ce qu’il achète, savoir si le produit est abîmé ou pas. L’évolution de notre concept a pour objectif d’inciter le client à rester chez nous, afin de pouvoir l’accompagner dans le temps. Et que, par exemple, un ado qui est venu chez nous pour sa console vidéo, revienne une fois adulte avec son conjoint et ses enfants.