« Nous souhaitons faire mieux connaître les valeurs de la marque Yves Thuriès, notamment son positionnement de chocolatier-récoltant. »

Vous venez d’être été nommée à la tête de la marque Yves Thuriès : quelles sont vos principales missions ?

Depuis avril 2026, j’occupe le poste de direction générale : à la fois côté réseau de boutiques, franchisées et succursales, et côté production. En effet, la richesse de la marque Yves Thuriès, c’est sa maîtrise de tout le processus de production : nous avons notre propre chocolaterie à Marssac-sur-Tarn, entre Toulouse et Albi, mais aussi nos propres plantations de cacao en Equateur, et de noisettes dans le Lot-et-Garonne.

Je n’ai pas été nommée pour changer l’identité de la marque, mais pour assurer une continuité car la marque Yves Thuriès, née en 1991, a déjà tous ses atouts, toute sa richesse, et beaucoup de très belles choses ont déjà été faites. Il est certain que j’ai un profil très orienté retail, client et marque, donc je vais m’efforcer de mettre en évidence les valeurs très fortes de cette marque très riche, et notamment son positionnement de chocolatier-récoltant.

Cela passera par les produits, par la communication et par notre discours en boutique. Ma mission consiste aussi à chercher des performances stables et durables, commercialement parlant et côté production, avec une cohérence de prix, de marges, de mix produit et d’histoire que l’on veut raconter.

Evidemment, nous allons aussi poursuivre le développement du réseau sous enseigne, qui compte 80 boutiques : 40 % en succursale et 60 % en franchise, en appuyant surtout sur la franchise.

Florence Lagarde, nouvelle dirigeante de la marque Yves Thuriès

Qu’est-ce qui différencie le modèle Yves Thuriès des autres enseignes du marché ?

Je pense qu’aujourd’hui, la marque Yves Thuriès est connue par le nom de son fondateur, son histoire incroyable et la qualité de ses chocolats, mais il me semble que son positionnement de chocolatier-récoltant n’est pas suffisamment valorisé. C’est pourquoi je veux révéler ses atouts merveilleux, valoriser une qualité de marque et de chocolats qui nous distingue et justifie notre positionnement.

Quand on pousse la porte d’une boutique Yves Thuriès, on cherche la qualité d’un produit : je veux désormais raconter l’histoire qu’il y a derrière. C’est déjà agréable de vendre du chocolat : c’est un produit merveilleux qui fait plaisir, alors en plus vendre des chocolats qui sont bons et bien faits ! Non seulement nous avons une chocolaterie, mais nous travaillons tous les jours avec des chocolatiers de métier qui sont dans la création, dans la transmission. Non seulement nous avons une plantation en Equateur, mais nous avons mis en place un programme RSE pour avoir un cacao de qualité, avec des travailleurs locaux qu’on accompagne dans l’éducation de leurs enfants, qui bénéficient de logements et de repas gratuits, et qui sont rémunérés au-dessus du salaire minimum. C’est tout cela que je souhaite mieux mettre en valeur.

Quels sont vos projets d’ouvertures en franchise pour les années qui viennent ?

J’aimerais atteindre les 100 boutiques à horizon cinq ans. Mais nous allons davantage chercher la qualité que la quantité : pour l’instant, nous n’irons pas au-delà de 100 implantations sur le marché français (métropole et Corse incluse), afin de rester un réseau de proximité, proche de ses franchisés, et de privilégier la qualité des emplacements.

Nous avons travaillé notre mapping actuel afin de déterminer les zones sur lesquelles on peut ouvrir de nouvelles boutiques, avec une cohérence en termes de taille et d’attractivité de la ville.

Dans le Sud-ouest, le réseau est déjà bien implanté, mais il y a encore des opportunités sur tout le reste du territoire, en particulier dans le Sud-est, en Bretagne, en Normandie, dans le Nord et dans l’Est.

Nous visons en priorité des emplacements N°1 en cohérence avec notre positionnement de « chocolaterie de quartier », dans de petites rues commerçantes de centre-ville, mais aussi dans certains centres commerciaux.

Nous avons également des opportunités de reprise de boutiques franchisées dans les villes suivantes : Bordeaux, Nantes, Clermont-Ferrand, Toulon et Beauvais.

Sur quels profils de franchisés allez-vous vous appuyer pour réaliser ce plan de développement ?

Nous recherchons avant tout des entrepreneurs et des commerçants, plutôt que des investisseurs. Le critère le plus important, c’est d’avoir la volonté d’ouvrir un commerce de proximité, d’aimer le contact avec le client, le conseiller, lui parler du produit… Nous ouvrons des boutiques de 30 à 40 m² : le modèle fonctionne si le franchisé est lui-même impliqué dans la boutique, seul ou avec un conseiller de vente. Au-delà de l’accueil en boutique, il doit avoir la fibre commerçante afin de développer les ventes en BtoB, ce qui implique d’aller chercher des clients hors boutique. Le succès repose sur un chef d’entreprise franchisé actif dans sa ville et actif dans sa rue. Certains de nos franchisés ont plusieurs boutiques : nous les accompagnons avec plaisir dans leurs projets multisites.