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    Fabrice Filleur, directeur général du GIE Gitem et d'Euronics France

    Nous allons peser 1,1 milliard d'euros à l'achat, niveau jamais atteint par un groupement d'indépendants

    Vous venez de signer, avec le groupe Boulanger, un accord entérinant la mise en commun de vos achats. Comment en êtes-vous arrivés à cette décision ?
    C’est une réflexion que nous avons entamée il y a longtemps déjà, tout simplement parce que, comme tous les groupements d’indépendants, nous devons trouver les moyens de défendre nos positions. En ce qui nous concerne, la première action a consisté à nous rapprocher entre nous. Autrement dit à fusionner trois de nos coopératives en une seule entité, Euronics France. Une fois ce mouvement enclenché, en novembre 2006, nous avons été contactés par un certain nombre d’acteurs du monde de la distribution alimentaire et non alimentaire, nous proposant de nouer des accords. Boulanger en faisait partie. Plusieurs facteurs ont pesé dans notre décision finale. Au premier rang desquels la puissance à l’achat du groupe : ensemble, nous allons peser 1,1 milliard d’euros, soit un niveau jamais atteint par un groupement d’indépendants. Et puis nous avons été convaincus par la pérennité que Boulanger souhaitait donner à cet accord, en annonçant sa volonté de s’investir, à hauteur de 35 %, dans le capital de notre filiale achats et logistique, Logitec.

    Cet accord avec l’un de vos concurrents, qui plus est succursaliste, n’est-il pas contre-nature ?
    Il est au contraire tout à fait pertinent. D’abord parce que, comme je vous le disais, il va améliorer notre capacité d’achat et donc la compétitivité de nos 350 points de vente. Mais aussi parce qu’avant d’être concurrents, nos deux réseaux sont surtout complémentaires. Boulanger exploite 80 magasins dans de grandes villes ou des centres commerciaux où nous ne sommes en général pas présents, ce qui ne manquera pas d’intéresser les fabricants. Nous pourrions aussi, pourquoi pas, développer dans l’avenir des synergies en matière de logistique ou d’informatique, par exemple. Dans tous les cas, cet accord va nous permettre de gagner, l’un comme l’autre, en visibilité, en donnant en quelque sorte naissance à un groupe de distribution multicanal. Même si, et j’insiste sur ce point, cet accord économique ne remet aucunement en cause notre indépendance opérationnelle respective. Et ne changera rien, en particulier, à la politique de développement de l’enseigne Gitem.

    Copyrec, l’une des quatre plates-formes régionales du Gitem, n’est pas concernée par cet accord. Elle a au contraire choisi de signer avec la centrale concurrente Ex & Co. Que vous inspire ce choix ?
    C’est le seul petit faux pas que nous ayons eu à déplorer. Amorcé en novembre 2006, notre projet d’unification nationale prévoyait que nos quatre coopératives régionales fusionnent en une seule entité, Euronics France. Copyrec, qui représente le Sud du pays, n’a pas souhaité nous suivre dans cette voie. C’est dommage car une partie de 80 magasins qu’elle représente (10 % de notre chiffre d’affaires) aurait, je pense, voulu nous rejoindre. Quoi qu’il en soit et même si le divorce est consommé, nous avons signé un protocole d’accord qui prévoit que ces points de vente puissent continuer à arborer la bannière Gitem. Tout simplement parce que nous ne voulons pas perturber leur activité. Pour notre part, nous retournerons dans le Sud, mais avec une autre enseigne que Gitem. Probablement sous le nom d’Euronics. Bannière qui devrait d’ailleurs flotter, d’ici quelques années, sur tous nos points de vente français.

    Crédit photo : néomag.fr

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