« L’idée, ce n’est pas d’aller vite, c’est d’aller bien avec les bons candidats. »

Stéphane Omer, co-fondateur de Clémence & Antonin

Pouvez-vous nous présenter l’enseigne Clémence & Antonin : son activité et les grandes étapes de son développement depuis sa création ?

Clémence & Antonin exerce une seule et unique activité : la livraison de repas à domiciles aux personnes âgées, également appelée portage de repas à domicile. L’entreprise a été créée en 2013 dans le département de la Vienne, juste à côté du Futuroscope.
Dans l’histoire de l’entreprise, l’épidémie de Covid a représenté un évènement important à deux titres. D’une part, pendant le confinement, nous avons connu un accroissement assez important de notre activité, qui ne s’est pas arrêtée, bien  au contraire. Lors du premier confinement, qui ne devait durer que deux semaines, beaucoup de familles ont fait livrer des repas à leurs parents pour leur éviter d’aller au supermarché. Or le confinement a finalement duré deux mois, et au bout de deux mois, ces clients ne sont pas partis.
D’autre part, pendant cette période, je me suis retrouvé bloqué à mon bureau, ce qui est assez rare, et quand je suis bloqué à mon bureau, je réfléchis ! Or je suis l’ancien directeur du réseau de franchise Quick et en 2020, dans notre, Les Menus Services était le seul acteur à se développer en franchise. Je me suis donc demandé si Clémence & Antonin pourrait également être décliné en franchise. Nous avons alors fait appel à un premier conseil en développement, Axe Réseaux, qui nous a dit notre concept était franchisable. Et nous a suggéré de réfléchir à produire nous-mêmes nos repas, afin de marquer notre différence par rapport à nos concurrents.
Effectivement, depuis la création du réseau, nous travaillions avec un partenaire culinaire qui fabriquait nos repas, comme pratiquement toutes les entreprises de portage. Nous avons donc fait chiffrer le coût de construction d’une unité de production culinaire, qui représentait un peu plus de 6 M€ et, à notre grande surprise, pendant le Covid, nos deux partenaires bancaires historiques ont accepté de nous accompagner dans ce projet. Une fois que nous avons disposé de cet outil, inauguré le 24 février 2022, nous nous sommes dit : « Nous avons une marque plutôt sympathique, un concept qui tient la route et nous fabriquons nous-mêmes nos repas : est-ce qu’on ne pourrait pas proposer à des gens souhaitant investir dans la marque de nous rejoindre dans cette aventure ? »

Où en est votre développement en franchise et quels sont vos objectifs pour 2026 ?

Il y a eu deux phases de recrutement parce qu’au démarrage, nous nous sommes lancés en licence de marque. Nous avons ouvert une première agence sous cette forme à Nantes en juillet 2022. Puis, en 2023, nous avons fait auditer notre structure par le cabinet Franchise Management, qui nous a conseillé de proposer un véritable contrat de franchise. Mais aussi de réduire la durée de notre contrat (de 9 ans au départ à 5 ans aujourd’hui) et de créer des zones cohérentes et équitables pour tous les franchisés.
Nous avons donc passé l’année 2023-2024 à tout reprendre de zéro, et au deuxième semestre 2024, nous avons lancé notre recrutement en franchise. Nous avons ouvert sous cette forme à Limoges en novembre 2024, puis fin 2025 à La Rochelle-Aunis. Au premier semestre 2026, nous devrions nous implanter à Royan-Saint-Jean-d’Angély et Angoulême, mais aussi faire un test en région parisienne. Tous ces projets sont le fait de candidats qui seront bientôt en formation, et c’est le fruit de presque un an de travail entre le recrutement et la signature du contrat.
Dans les deux-trois ans, j’aimerais bien récupérer le retard pris en 2024 et 2025, parce que notre plan était d’ouvrir quatre nouvelles agences par an. Donc j’aimerais bien, dans les trois prochaines années, ouvrir cinq ou six agences par an, puis reprendre notre rythme de croisière quatre ouvertures par an à partir de 2028. L’idée, ce n’est pas d’aller vite, c’est d’aller bien avec les bons candidats.

Enseigne d’aide à domicile Clémence & Antonin, spécialisé dans le portage de repas à domicile.

Quelles sont les régions ou les villes que vous ciblez en priorité pour étendre votre réseau sur le territoire français ?

Nous avons opté pour démarrage en escargot depuis le site du Futuroscope, où nous produisons les repas. Cela nous réussit plutôt bien, puisque nous avons ouvert à La Rochelle, nous descendons à Saint-Jean-d’Angély et nous allons ouvrir à Angoulême. Nous aimerions nous développer en priorité dans le Grand Ouest, afin d’éviter des flux logistiques trop importants au niveau des véhicules qui livrent les repas chez nos franchisés. Pour mener notre test en région parisienne, nous allons passer par un transporteur pour commencer. Mais notre volonté reste d’axer notre développement sur un triangle compris entre Nantes, Orléans et Biarritz, où il y a encore des choses à faire.  régions. Parce qu’aller dans d’autres régions nécessitera d’investir dans la construction d’autres cuisines, étant donné que nous voulons maîtriser toute la logistique, de la production à la livraison.

Quels sont les critères pour devenir franchisé(e) Clémence & Antonin ? Et comment se déroule la formation de ces franchisé(e)s ?

Nous aimons bien recruter des personnes qui évoluent dans le monde médical : des assistantes sociales, des aides-soignantes, des infirmiers, qui travaillent souvent en Ehpad et n’arrivent plus à trouver du sens à ce qu’elles font, mais qui sont toujours attachées à la personne âgée. Ce sont des profils extraordinaires ! En revanche, j’ai horreur des investisseurs : je n’en recrute pas.

Nous avons un centre de formation à Neuville-de-Poitou, où nous les formons pendant quatre semaines, essentiellement à notre logiciel métier, qui va être la pierre angulaire de leur travail au quotidien. Nous les formons également sur la livraison, et ils passent quelques jours en immersion dans la cuisine, afin qu’ils voient comment nous fabriquons le produit pour pouvoir bien en parler.

En résumé, nous les formons à tous les métiers qu’ils vont devoir découvrir pendant au moins la première année d’exploitation, parce qu’il est vrai que le patron de l’entreprise est le premier livreur : c’est lui qui va imprimer l’ADN de Clémence & Antonin sur son territoire.

Clémence & Antonin, enseigne spécialisée dans le portage de repas à domicile aux personnes âgées

Quels sont les investissements à prévoir pour ouvrir une agence Clémence & Antonin ?

J’ai envie de dire qu’il n’y aucun coût à prévoir en investissement pur, parce que le premier achat peut se faire en location : c’est celui d’un véhicule frigorifique, qui sert de frigo pour stocker les repas au démarrage. Par exemple, mon franchisé de Nantes en est aujourd’hui à sa cinquième voiture, avec cinq collaborateurs. L’an dernier, il a pris la décision d’investir dans un petit local et dans une chambre froide. Avant cela, nous lui livrions les repas dans ses cinq véhicules individuels. Maintenant, nous le livrons dans sa chambre froide. Tandis que notre franchisé de La Rochelle-Aunis, qui a ouvert au mois de novembre 2025, range son véhicule dans un lieu de stockage dédié, où nous lui livrons les repas dans son camion : il investira dans une chambre froide avec le temps.

Les autres frais à prévoir sont les droits d’entrée de 15 000 €, l’assistance opérationnelle au lancement (5 000 €), le pack marketing (5 000 €), la formation (6 000 €), soit une enveloppe globale de 31 000 € pour pouvoir lancer son activité. Il faut aussi disposer d’un ordinateur, d’une imprimante et d’un téléphone. Mais il n’est pas utile d’avoir un magasin avec pignon sur rue, parce que les personnes âgées préfèrent qu’on se déplace à leur domicile.

Quel est le délai entre la signature de son contrat et l’ouverture d’un(e) franchisé(e) ? Combien de temps faut-il à un(e) franchisé(e) pour amortir son investissement ?

Entre le premier contact et l’ouverture, il faut compter environ neuf mois entre la première prise de contact et le moment où le franchisé démarre son camion pour livrer son premier repas.

Ensuite, nous demandons à nos franchisés de construire leur business plan sur la base d’un nouveau client par semaine. Cela peut paraître peu, mais nous parlons bien d’un client net par semaine. Or dans notre activité, il est fréquent que des bénéficiaires soient hospitalisés, voire décèdent. C’est pourquoi il est important de faire rentrer de nouveaux clients. Même la maison mère, en activité depuis 2013, maintient toujours cet objectif.

A horizon 18 mois, nos franchisés peuvent sortir de la voiture, commencer à gérer leur entreprise et ne plus être dans le quotidien. Mais pendant leurs 18 premiers mois d’exploitation, même s’ils ont la possibilité de réaliser une embauche, ils devront continuer à livrer eux-mêmes, parce que l’entreprise ne sera pas en capacité de payer à la fois leur salaire et celui de leur collaboratrice. Toutefois, pour notre franchisé de La Rochelle la montée en puissance a été plus rapide que prévu.