D’une manière générale, il y a peu de cas où les juges sanctionnent une tête de réseau pour DIP défectueux, surtout quand le partenaire est déjà du secteur d’activité ou connaît bien sa ville d’implantation. Pour obtenir l’annulation du contrat, il doit prouver en quoi les manquements à la loi ont vicié son consentement et ce n’est pas toujours évident.

Maître François-Luc Simon, Associé-gérant du cabinet Simon Associés
La justice évolue toutefois. Comme l’a souligné
Maître François-Luc Simon, conseil de nombreux
franchiseurs, le 21 novembre 2024 lors d’un webinaire (
disponible en replay) consacré par son cabinet à la jurisprudence franchise de l’année, une nouvelle tendance s’est fait jour ces derniers mois.
« Les juges se sont prononcés dans plusieurs décisions (…) en se référant non seulement au dispositif de la loi sur le DIP mais aussi au droit commun des contrats. »
La Cour de cassation a ainsi rendu le 26 juin 2024 une décision importante, qu’elle a publiée dans son bulletin, invalidant un arrêt de la cour d’appel de Paris. Elle est allée plus loin que la stricte application de la loi sur le DIP. Ce texte n’oblige pas en effet le
franchiseur à fournir des informations sur les difficultés de ses franchisés, pas plus qu’à mettre à jour son DIP après l’avoir délivré. Or, dans cette affaire, le contrat a été signé huit mois après le DIP. Et dans ce laps de temps, selon le franchisé, le réseau a enregistré de nombreux échecs dont il ne s’est pas vanté.
En s’appuyant sur l’article 1116 (ancien) du code civil, la plus haute juridiction française a reproché à la cour d’appel de ne pas avoir «
recherché comme elle y était invitée si (le franchiseur) n’avait pas gardé intentionnellement le silence sur les procédures collectives survenues (alors) et si cette information n’aurait pas dissuadé la société (franchisée) de contracter ».
François-Luc Simon a été très clair en réponse à une question sur le sujet :
« Même si un événement important survient 48 heures seulement avant la signature du contrat, il faut le signaler au partenaire et en cas de doute, ajouter un nouveau délai de 20 jours ». On le voit la prudence est de mise, côté franchiseur, en matière de DIP. Les futurs
franchisés,
affiliés, etc. peuvent s’en inspirer pour eux-mêmes.