La transmission des points de vente est devenue un moyen essentiel d’assurer la pérennité des réseaux de franchise : la 22ème édition de l’Enquête annuelle de la Franchise Banque Populaire/FFF fait le point sur ce sujet d’actualité.
Il y a deux manières de devenir franchisé : créer un nouveau point de vente ou reprendre un point de vente existant. Or, de nombreuses entreprises franchisées sont disponibles à la reprise chaque année : autant d’opportunités pour les porteurs de projet qui veulent rejoindre un réseau sans passer par la création, comme nous l’expliquons dans notre article « Reprendre en réseau : toujours plus d’opportunités » (à lire ici).
Publié le 9 juin 2026, le cinquième chapitre la 22ème édition de l’Enquête annuelle de la Franchise Banque Populaire se penche également sur ce sujet. En l’envisageant non plus du point de vue des repreneurs, mais du point de vue des franchisés qui souhaitent céder leur affaire et de leurs franchiseurs. D’où son titre : « Cession-transmission : un enjeu clé pour la pérennité des réseaux ». En effet, le recrutement de nouveaux membres ne vise plus seulement à ouvrir de nouvelles implantations, mais aussi à maintenir le parc existant.
« La transmission des points de vente s’inscrit de plus en plus dans les préoccupations des réseaux de franchise, écrivent ainsi les auteurs de l’étude (réalisée en partenariat avec la Fédération Française de la Franchise et l’institut Kantar). Près de trois quarts des franchiseurs (73 %) la considèrent comme un enjeu, mais seuls 24 % en font un enjeu majeur ». Rappelons que l’enquête a été menée en ligne (du 14/10 au 08/12/2025) auprès de 145 têtes de réseau.
Près de 3/4 des franchiseurs considèrent la transmission des points de vente comme un enjeu
Sur un échantillon de 400 franchisés ayant répondu en ligne (du 21/10 au 17/11/2025), l’étude s’est plus particulièrement intéressée à ceux âgés des 55 ans et plus : parmi eux, « 48 % ont déjà envisagé ou engagé des démarches pour préparer la transmission ou la cession de leur activité ». « Ainsi, la transmission apparaît comme un sujet identifié, mais encore souvent différé dans sa mise en œuvre », constatent les auteurs de l’enquête.
Parmi les franchisés qui envisagent de céder leur point de vente, 30 % envisagent de le céder à un autre franchisé du réseau, 28 % prévoient de le vendre à un repreneur externe et 23 % prévoient de le transmettre à un proche, qu’il s’agisse d’un membre de leur famille ou bien d’un salarié. La cession du point de vente au franchiseur (12 %) ou même sa fermeture (3 %) sont aussi des options éventuelles.
Parmi les franchisés de 55 ans et plus interrogés dans le cadre de l’Enquête annuelle, 40 % disent avoir besoin d’aide pour faciliter la future transmission de leur activité. Cet accompagnement prendrait la forme de conseils juridiques et administratifs pour 21 % d’entre eux, d’une mise en relation avec d’éventuels repreneurs potentiels (15 %), mais aussi d’un accompagnement individualisé par un expert ou un consultant (14 %). Ou encore d’une aide à la valorisation du point de vente (5 %) ou à la recherche de financement pour le repreneur (4 %).
Près d’un franchiseur sur deux (49 %) a mis en place des dispositifs pour la transmission

Selon l’Enquête annuelle, plus d’un franchisé (âgé de 55 ans et plus) sur deux (52 %) n’a pas encore anticipé la transmission de son point de vente, et 60 % estiment ne pas avoir besoin d’aide dans ce domaine. « Le sujet reste encore peu anticipé côté franchisés », commentent les auteurs de l’étude. Alors que parmi les franchiseurs, davantage sensibilisés à l’enjeu que représente le maintien sous leur enseigne des points de vente concernés, près de deux sur trois (65 %) avouent rencontrer des difficultés pour assurer la transmission de certains magasins : ponctuellement (50 %), voire de manière récurrente (15 %).
Selon ces têtes de réseaux, les principaux freins à la reprise sont le manque de candidats ou de profils adéquats pour reprendre le point de vente (64 %) et la valorisation trop élevée de ce dernier par le franchisé cédant (50 %), propre à dissuader le repreneur ou à compromettre sa viabilité future. Mais aussi les difficultés pour l’acquéreur à obtenir un financement (35 %) et le manque de préparation et/ou d’anticipation du franchisé sortant (31 %).
Afin de surmonter ces difficultés, près d’un franchiseur sur deux (49 %) « a déjà mis en place des dispositifs spécifiques pour structurer la transmission au sein de son réseau »,révèle le 5ème chapitre de l’Enquête annuelle. Dans 81 % des cas, ces têtes de réseau délivrent au franchisé cédant « un accompagnement personnalisé », tandis que 63 % proposent « un appui au repreneur dans le montage financier du projet ». Autres initiatives : 59 % des enseignes concernées ont lancé « des campagnes de communication ou de recrutement ciblées sur les repreneurs », 46 % ont choisi un référent ou mis sur pied « une cellule dédiée à la transmission » et 31 % ont lancé « des plateformes permettant d’identifier les opportunités de reprise ».
Au-delà du cas particulier de la franchise, la transmission est un enjeu clé pour l’économie française en général. Un plan d’action « pour soutenir la transmission-reprise d’entreprise » a notamment été présenté en avril 2026 par Serge Papin, ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, qui souhaite que le sujet devienne « une grande cause économique nationale ».