Calqué sur le modèle de l’agence immobilière, le métier d’intermédiaire entre vendeurs et acheteurs de véhicules d’occasion est désormais exercé par une quinzaine de réseaux, qui souhaitent se développer en franchise ou en licence de marque.

BH Car, L’Agence Automobilière, e-Cars Concept, Lounge Cars, Rapid Car Deal, Twiice Auto, Weecars : ces sept enseignes positionnées sur le créneau de la transaction automobile entre particuliers seront toutes présentes sur Franchise Expo Paris 2026 (du 14 au 16 mars), afin de recruter de nouveaux candidats. Six d’entre elles exposeront sur ce salon pour la première fois, signe de l’émergence de nouveaux acteurs dans ce métier apparu au milieu des années 2000. La septième n’est autre que l’enseigne pionnière : L’Agence Automobilière, créée en 2004. Dont le nom joue sur l’analogie avec l’activité d’une agence immobilière : comme cette dernière, une « agence automobile » tient le rôle d’intermédiaire entre un vendeur et un acquéreur ; d’un bien immobilier dans le premier cas, d’un véhicule d’occasion dans le second. Dans les deux modèles, l’intermédiaire est rémunéré sous forme de commission, si et seulement si la transaction a bien lieu.

Le concept lancé par L’Agence Automobilièrea fait école depuis, puisque d’autres enseignes sont venues se positionner sur cette nouvelle activité, à commencer par Via Automobile, TransakAuto et BH Car. Lancé en 2013 et développé en franchise depuis 2014, le réseau Ewigo est aujourd’hui leader en nombre d’agences. « Nous avons déjà plus de 200 points de vente et un maillage solide, mais il reste encore une centaine de zones stratégiques, en agglomération comme en zones périurbaines », explique son président-fondateur Florent Barboteau. Comptant également plus de 50 implantations en France, Transakauto (environ 180 adresses), L’Agence Automobilière (115), BH Car (environ 70) et Weecars (environ 60) sont également des acteurs majeurs.

Agence automobile à l'enseigne BH Car à Orléans (intérieur)

« Nous voulons atteindre une centaine de points de vente à fin 2026, annonce Guillaume Herbin, co-fondateur de BH Car. Entre septembre 2024 et septembre 2025, nous avons signé 27 nouvelles agences, et nous voulons garder ce rythme d’une trentaine d’agences de plus par an, qui est un rythme conséquent pour nous dans la mesure où, fin 2024, le réseau ne comptait qu’une cinquantaine de points de vente. » D’autres intervenants recensent déjà entre 30 et 50 agences en franchise ou en licence de marque, comme SimpliciCar (une cinquantaine), Buy Bye Car (une quarantaine) et Je vends votre auto.com (une trentaine). Tandis que plusieurs compétiteurs (lancés plus récemment pour la plupart) alignent moins de 30 unités, comme Agency Car (une douzaine), e-Cars Concept, Rapid Car Deal et Twiice Auto (moins de dix). CapCar constitue un cas particulier : lancé en 2015, ce réseau d’indépendants, qui propose un contrat d’agent commercial, a pour objectif d’atteindre 120 membres d’ici fin 2026.

Réseaux historiques et nouveaux venus

Agence de vente de véhicules sous enseigne Transakauto

Si ce créneau connaît un fort développement, il ne représente qu’une partie du marché des véhicules d’occasion. En France, il s’est vendu trois véhicules d’occasion pour chaque véhicule neuf en 2023, selon une étude de l’institut Xerfi parue en juin 2024, intitulée « Le marché des véhicules d’occasion à l’horizon 2026 ». « Les particuliers représentent 95 % des acquéreurs de voitures d’occasion, avec une forte présence de transactions entre particuliers (CtoC), qui couvrent près des deux tiers des ventes de véhicules de seconde main, constatent les auteurs de cette enquête. Toutefois, cette tendance concerne principalement les véhicules d’occasion plus anciens. Pour les voitures d’occasion récentes (moins de 5 ans), les professionnels dominent, effectuant plus de 70 % des transactions. »

Parmi ces professionnels, les « agences automobiles » sont en concurrence avec de nombreux acteurs : « constructeurs, concessionnaires, garagistes, marchands de voitures d’occasion, mandataires, enchéristes et loueurs de véhicules d’occasion », pointe cette étude. Mais leur principal concurrent reste le particulier lui-même, que les agents automobiles doivent convaincre de faire appel à leurs services, tout comme les agents immobiliers sur leur propre marché. Reste que les franchiseurs concernés sont confiants dans le potentiel de leur modèle. Ainsi, pour Anthony Sevin, PDG et fondateur d’Agency Car, « le secteur est en plein développement et aujourd’hui les professionnels de l’automobile du véhicule occasion prennent 40 % de part de marché tout comme l’immobilier il y a 25 ans. Il y a fort à parier sur une croissance similaire aux agences immobilières qui aujourd’hui ont plus de 80 % de part de marché ».

« La progression du réseau et la satisfaction de nos clients sont pour moi les meilleurs indicateurs, résume Florent Barboteau. Entre 2020 et 2023, nos franchisés ont vu leur chiffre d’affaires progresser de +50 %. Alors que le marché reculait, Ewigo progressait toujours : +35,5 % en 2021, +14,3 % en 2022, +10,8 % en 2023, et +25 % en 2024. Côté clients : plus de 20 000 avis pour une note moyenne de 4,8/5. » Pour le dirigeant, « ce résultat prend encore plus de valeur dans un secteur comme l’automobile, où l’exigence des consommateurs est maximale. Obtenir une telle note, c’est la preuve que le modèle Ewigo permet aux franchisés de bâtir une relation de confiance durable avec leurs clients, et d’ancrer leur business dans la satisfaction réelle du consommateur ».

Une activité ouverte aux néophytes

Intérieur d'une agence de transaction automobile à l'enseigne Agency Car

Faut-il être un professionnel de l’automobile pour devenir franchisé d’un réseau de transaction entre particuliers ? Pas nécessairement, explique Florent Barboteau : « Ce que nous recherchons, ce ne sont pas des CV parfaits ni des profils forcément issus de l’automobile, explique le fondateur d’Ewigo. Nous recherchons des futurs entrepreneurs qui veulent se lancer sans partir de zéro : des personnes avec le sens du commerce, du management et surtout l’envie de s’investir dans un projet de vie solide ». Pour devenir franchisé BH Car, il existe trois profils-type, détaille Guillaume Herbin : « D’abord, le jeune ambitieux entre 22 et 30 ans. Ensuite, une autre partie de nos franchisés a entre 30 et 45 ans, avec déjà une expérience professionnelle. Et enfin, la dernière catégorie est celle des « seniors », qui ont passé la cinquantaine, et qui ont un projet lié à la retraite, au patrimoine : c’est leur dernier projet avant la passation aux enfants, ou alors afin de se constituer un patrimoine. Ces trois profils se rejoignent dans la mesure où ces sont tous des passionnés de véhicules qui veulent vivre de leur passion mais qui, à un moment donné, n’ont pas eu la possibilité de le faire, car le ticket d’entrée pour exercer le métier d’acheter et de revendre des véhicules est souvent de plusieurs centaines de milliers d’euros ».

Même son de cloche chez Agency Car, qui se veut accessible aux porteurs de projet « sans aucun prérequis », c’est-à-dire sans expérience professionnelle dans le secteur de l’automobile. Ou encore chez TransakAuto : « Tous les profils d’entrepreneuses/rs sont les bienvenus, pourvus qu’elles/ils soient des commerciaux motivés, même sans expérience dans l’univers automobile, avec des valeurs humaines fortes correspondants à l’ADN de la marque », détaille le franchiseur.

Des agences avec ou sans showroom

Devanture d'une agence Ewigo

Pour ouvrir une « agence automobile » en franchise ou en licence de marque, les investissements à prévoir sont variables selon le modèle économique et la possibilité ou non d’exposer les véhicules à vendre. Ainsi, Ewigo propose trois « options de franchise » : « Agence », « Concession automobile » et « Pôle automobile », qui nécessitent respectivement 30 000, 50 000 et 65 000 € d’apport personnel. Si le modèle le plus accessible ne prévoit que des « places de stationnement pour les photos », les formats les plus coûteux tablent sur une « visibilité maximale » et sur l’existence d’un « showroom intérieur ». De même, Transakauto propose deux formats de point de vente. D’une part un modèle d’agence : de simples bureaux pour l’accueil des clients, moyennant un investissement réduit. Et d’autre part un modèle de showroom, afin d’exposer une partie des véhicules à vendre, pour gagner en visibilité et en notoriété locale.

Pour rejoindre BH Car, l’investissement initial global se situe « en-dessous des 80 000 € », selon la tête de réseau. Qui demande à ses franchisés une surface minimum d’environ 100 m². « Nos agences s’implantent plutôt en périphérie : en zone artisanale, en zone industrielle ou en zone commerciale, avec des accès passants, indique Guillaume Herbin. Cela nous permet d’avoir des loyers plus modérés qu’en centre-ville, un peu plus d’emplacements de parking et potentiellement, d’avoir également un peu de showroom. »

Après l’automobile, le marché des deux-roues

Nouveau réseau Transakmoto

En juillet 2025, Transakauto a annoncé le lancement du nouveau concept TransakMoto, dédié à l’intermédiation des deux et trois-roues d’occasion. D’abord en licence de marque « durant la première année, offrant aux premiers porteurs de projet une opportunité exclusive d’intégrer un concept novateur et déjà rodé ». « Ce format souple permettra de préfigurer un développement en franchise à partir de 2026, dans une logique de structuration progressive et durable du réseau », annonce l’enseigne.

A noter : le réseau Simplici Car s’est lui aussi positionné depuis 2015 sur le marché des deux-roues au travers de la marque Simplici Bike, qui n’est toutefois pas devenue une enseigne à part entière.