Fermer
Secteurs / Activités

    Philippe Gueydon, directeur général de King Jouet

    Nous vivons une période exceptionnelle, si on veut que le commerce survive, tout le monde doit faire un effort, les bailleurs doivent prendre leur part.

    Philippe GueydonComment le réseau King Jouet vit-il la crise sanitaire ?

    Nous avons été profondément impactés puisque l’ensemble de nos magasins sont fermés, ce qui correspondant à plus de 200 points de vente si on totalise les succursales et les magasins affiliés. Concernant le siège de Voiron (Isère), nous avons arrêté l’ensemble des équipes. Une partie est en télétravail, une autre partie a été mise en chômage partiel.

    Nous avons encore un peu d’activité, via Internet, à Rives, où se trouve notre plateforme logistique. Nous avons relancé un service drive sur trois succursales de l’agglomération grenobloise, ce qui permet aux clients de commander sur internet et de venir retirer leurs jouets devant le magasin, sans y entrer, en toute sécurité sanitaire. Nous avons rapidement élargi le système à l’ensemble du réseau, là où c’était possible. Cela concerne aujourd’hui 80 magasins, soit un tiers de parc environ, la plupart situés en périphérie, mais dans certains magasins de centre-ville nous avons aussi mis en place un drive piéton. Bien sûr cette activité est loin de compenser la perte globale de chiffre d’affaires mais cela permet tout de même de réaliser des ventes et également de renouer le contact avec la clientèle.

    Je résumerais que globalement l’entreprise est solide, mais c’est tout de même pour nous une période compliquée à gérer.

    Comment voyez-vous le déconfinement ?

    Nous cherchons à l’organiser d’abord d’un point de vue sanitaire pour nos salariés mais aussi pour nos clients, pour qu’ils soient en confiance lorsqu’ils reviendront dans nos magasins, avec quelqu’un à la porte qui régulera les entrées, le port du masque, la mise à disposition de gel hydro-alcoolique, etc.

    Après, il faut essayer de bien anticiper ce que sera le jour d’après, ce qui facilitera le retour des clients vers nos points de vente. Il est certain que le drive est un service que nous pousserons au-delà du déconfinement. Parce certains clients accepteront peut être de revenir sans mais entrer dans les points de vente. Il n’y aura sans doute d’autres illustrations de cette démarche, en tout cas on va aussi remettre en avant le côté ludique de nos produits, le côté « rêve » qui est associé au jouet, et dont beaucoup d’enfants n’ont pas pu bénéficier pendant cette période.

    Quelle aide concrète l’enseigne apporte-t-elle à ses partenaires dans cette période ?

    Nous avons bien sûr fait circuler toute l’information utile, tout en faisant le tri pour que nos affiliés ne soient pas noyés sous le flot, et en actualisant au fil de l’eau. Nous leur avons aussi expliqué nos démarches pour obtenir un moratoire sur les loyers et pour obtenir de nos fournisseurs des délais de règlement allongés. Et, bien sûr, sur nos marques exclusives, nous appliquons les mêmes reports d’échéance.

    Vous êtes en particulier préoccupé par le problème des loyers ?

    Naturellement, car comment régler les loyers dus au titre de la période de fermeture des points de vente, alors qu’il y aura eu deux mois quasiment pas de recettes. Cela concerne nos succursales comme les magasins de nos affiliés et peut engendrer sur le long terme de graves problèmes de trésorerie.

    C’est pourquoi nous avons été signataires d’une lettre ouverte au gouvernement demandant l’annulation des loyers commerciaux, et pas seulement pour les petites entreprises, comme cela a été accepté par les bailleurs dans un premier temps. Ce manifeste a été signé par environ 200 chefs d’entreprises, représentant à peu près les trois quarts du secteur de la distribution. Cela me semble relever de la simple décence d’accepter le fait que chacun doit porter une part de l’effort. Car une menace pèse sur 20 000 commerces, qui pourraient fermer, entraînant la disparition de 400 000 emplois. Que des friches commerciales importantes apparaissent demain n’est certainement pas de l’intérêt des bailleurs. Cette intervention a entraîné une réaction rapide du gouvernement, qui a mis en place une médiation entre les enseignes et les bailleurs concernés. Nous espérons que cela permettra d’aboutir à des solutions avant le 11 mai.

    Enseignes du même secteur
    Demander une
    documentation

    Pour plus d'informations sur KING JOUET

    Recopiez le mot dans le champ ci-dessous :

    Je suis intéressé par la franchise KING JOUET
    Consultez l'Indicateur de la Franchise