Les enseignes spécialisées dans les articles de sport, développées en coopérative ou en franchise, misent sur la proximité et l’expertise métier des entrepreneurs pour densifier leur maillage sur l’ensemble du territoire national.
Fin mars 2025, le Groupe Sport 2000 faisait sa mue. D’abord, en changeant de nom pour être rebaptisé Céraclès Coopérative. Avec, en filigrane, cette volonté : démontrer que « le groupe ne se résume pas qu’à l’enseigne Sport 2000, même si elle réalise 65 % de son chiffre d’affaires », expliquait à l’époque dans les colonnes du magazine LSA Emmanuelle Bahuaud, sa directrice générale. Dans le même temps, était programmé pour la coopérative un plan de développement, « Sprint 2030 », visant à faire progresser son CA de plus de 50 % en 5 ans pour atteindre 1,3 Md€.
Cap sur les 1 000 magasins pour Céraclès Coopérative

Près d’un an plus tard, les objectifs sont inchangés. « « Sprint 2030 » doit toujours nous conduire à ces projections avec, au niveau de notre déploiement commercial, l’ambition de faire passer notre parc de magasins de 700 à 1 000 unités », affirme aujourd’hui à Franchise Magazine la directrice générale de la coopérative. Pour y parvenir, elle mise sur « un développement en escargot », décrit-elle. C’est-à-dire en encourageant les commerçants indépendants qui la rejoignent à se constituer un maillage territorial progressif, en s’appuyant sur les sept enseignes qu’elle développe. A savoir : Sport 2000 Plaine, Sport 2000 Montagne, Mondovélo, Ekosport-Rent, Espace Montagne, WAS (We Are Select) et Sneakers Specialist. « Pour créer ces synergies territoriales entre nos enseignes, nous nous appuyons sur des entrepreneurs qui veulent s’implanter dans des villes de 20 000 à 70 000 habitants. Ce sont des passionnés de sport, fins connaisseurs des rouages du commerce de proximité et capables de conjuguer liberté d’action et sens du collectif, comme l’impose le modèle coopératif », reprend Emmanuelle Bahuaud. Outre le vaisseau amiral Sport 2000 (240 points de vente à ce jour), porteur d’un concept « que l’on compte toujours déployer sur le territoire avec des commerçants ancrés dans la proximité », indique-telle (sans plus de précision sur le nombre de magasins escomptés), les efforts de croissance seront notamment portés sur le réseau Mondovélo (77 adresses à ce jour). « Il se développe très bien, se réjouit la directrice générale, notamment via l’intégration de points de vente mono-marque sans enseigne ». Et d’ajouter : « La force de son modèle est de couvrir une large segmentation de produits : de l’entrée de gamme, avec des prix comparables à ceux des modèles en GSA (Grandes Surfaces Alimentaires), aux vélos de confirmés et de spécialistes. »
Numéro deux (derrière Decathlon France) sur le marché français des articles de sports, la coopérative Intersport a pour sa part réalisé un chiffre d’affaires de 3,88 Mds€ en 2024, en hausse de 6,3% % par rapport à 2023. Ce groupement regroupe 980 magasins en France, dont 563 Intersport en plaine, 274 en montagne, 25 magasins d’usine Intersport Outlet et 118 à l’enseigne lifestyle Blackstore. Rappelons qu’en 2023, Intersport a racheté son concurrent Go Sport, ce qui lui a permis de franchir le cap des 900 points de vente en France.
Un objectif de croissance « raisonnée » pour Cyclable

Cyclable, enseigne spécialisée dans la vente de vélos (électrique, en ville, en voyage, en famille…) révèle plus en détails ses ambitions de développement. « En franchise, nous privilégions une croissance raisonnée. Ouvrir beaucoup pour fermer ensuite n’a aucun intérêt, confie Carol Geismar, sa présidente. Avec le modèle actuel, un réseau de plus de 100 magasins en France (contre 83 à ce jour, NDLR) apparaît atteignable à moyen terme, notamment en nous déployant dans le quart sud-est, l’ouest et certaines zones de l’est. » Déjà présente en Suisse, l’enseigne envisage également un développement européen « progressif », porté par des franchisés « engagés » et des projets « économiquement solides ». En plus de son réseau de magasin BtoC, Cyclable s’appuie sur deux activités complémentaires : Cyclable Entreprises pour le BtoB et Ridy, dédié aux services de remise en selle et de maintenance en entreprise. Le BtoB s’impose désormais comme un relais de croissance fort pour le groupe, avec l’objectif qu’il représente 25 % du chiffre d’affaires des succursales et des unités franchisées d’ici deux ans. « Le potentiel du vélo en entreprise est considérable et encore largement sous-exploité », constate Carol Geismar, qui mise sur la location longue durée, les flottes professionnelles et les services associés pour accélérer cette dynamique. Autre relais de croissance sur lequel va continuer de s’appuyer Cyclable : l’offre de vélos d’occasion. Lancée il y a deux ans, elle a déjà permis à l’enseigne de réaliser 1,5 M€ de chiffre d’affaires en 18 mois. « Chaque vélo repris est sélectionné avec exigence afin de garantir le même niveau de qualité et de service que le neuf », précise la dirigeante.
Repair and Run diversifie son modèle avec l’affiliation

Sur ce marché du commerce de vélos en France « qui traverse une période de consolidation après l’euphorie post-Covid et la phase de correction qui a suivi », selon Carol Geismar, le réseau de proximité Repair and Run, dédié à l’entretien et la maintenance des vélos, vélos électriques et trottinettes électriques, a commencé son développement en franchise en 2020, trois ans après son lancement. Tout en recentrant son modèle sur celui de la boutique-atelier (il reposait, à sa fondation, sur un concept d’itinérance). S’appuyant sur un parc de 18 magasins (à Paris, Marseille, Lyon, Lille, Dunkerque, Bordeaux, Montpellier, Béziers…), dont 7 sont détenus en propre, l’enseigne déploie son concept dans les centres-villes des agglomérations (deux de ses quatre adresses parisiennes sont dirigées par des franchisés). « Il nous reste de nombreux territoires à conquérir », se félicite Charles Bocquillon, directeur général délégué de Repair and Run. Et de citer des villes comme Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes, Nice ou encore Grenoble. Pour rejoindre le réseau en tant que franchisé, il faut prévoir un investissement total de 50 000 €. « Nous pouvons également nous développer dans des villes de tailles intermédiaires, ajoute Charles Bocquillon. Je pense notamment à Aubagne, proche de Marseille. » Et ce, en s’appuyant sur un nouveau modèle que le réseau vient de lancer en complément de la franchise : l’affiliation. « C’est une formule plus souple et moins engageante, expose Charles Bocquillon. Par exemple, nous n’imposons pas d’outils de caisse à nos affiliés, ni de redevance sur le chiffre d’affaires. Cette formule est ainsi mieux adaptée aux territoires périurbains et aux villes de tailles intermédiaires. L’affiliation permet aussi à des entrepreneurs déjà implantés localement d’intégrer notre réseau, d’utiliser la marque Repair and Run et de bénéficier de nos outils, tout en gardant une indépendance juridique et opérationnelle ». Sur le plan des objectifs de développement, l’enseigne vise 5 à 10 nouvelles ouvertures par an dès cette année, en franchise et en affiliation, « avec un plus gros potentiel de volume de croissance via le modèle de l’affiliation », souligne son directeur général délégué.
Un rythme de 10 ouvertures par an pour Running Conseil

Autre coopérative du secteur des articles et équipements de sport en France, Running Conseil, « réseau ultra-spécialiste running, trail, et randonnée », comme il se décrit, n’a cessé de grandir ces dernières années. Entre les exercices 2022 et 2025, il est passé de 58 à 84 points de vente, s’appuyant ainsi sur un rythme d’ouvertures d’une dizaine de nouveaux pavillons par an. « L’an passé, nous avons ouvert 11 magasins », indique Jérémy Marchetti, son directeur général, après avoir étudié 144 candidatures. C’est dire s’il se montre sélectif ! Son chiffre d’affaires a ainsi progressé en 2025 de 20 % par rapport à 2024 pour s’établir à 50 millions d’euros HT (+14 % à surface constante). Pour 2026, 7 inaugurations sont d’ores et déjà programmées chez Running Conseil : à Saint-Jean-Pied-de-Port (64), Narbonne (11), Argelès-Gazost (65), Sainte-Maxime (83), Limoges (87), La Rochelle (17) et en Guyane. Et pour 2027, le rythme de croissance de la coopérative sera similaire, avec pour objectif de dépasser les 100 points de vente et un CA avoisinant les 75 M€ HT. A ce jour, 12,4 millions de Français pratiquent le running, alors qu’ils n’étaient que 6,6 millions il y a 25 ans. C’est dire le gisement d’affaires qu’offre ce segment de marché pour l’avenir !
Céraclès Coopérative (Sport 2000) s’allie à Urban Soccer

Céraclès Coopérative, tête de réseau de Sport 2000, a annoncé fin septembre 2025 un partenariat avec Urban Soccer, spécialiste du football à 5 et du padel. Objectif : renforcer les passerelles entre distribution d’articles de sport et pratiques sportives urbaines. L’accord prévoit une mutualisation des achats, des opérations marketing communes et une visibilité croisée entre les réseaux. S’appuyant sur ses 38 centres sportifs, Urban Soccer entend accélérer le développement de son concept Urban Store grâce à l’expertise retail de Sport 2000, tout en enrichissant l’expérience des pratiquants, en salle comme en magasin.