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      Nicolas Finck, Président de l’enseigne Fly - Interview du 11 janvier 2016

      Interview
      11 janvier 2016

      Nous ouvrirons cette année un nouveau magasin pilote, et nous redévelopperons quand nous aurons montré que le modèle est rentable.

      Vous avez repris la marque Fly à la barre du tribunal en octobre 2014. Pouvez-vous nous rappeler dans quel contexte ?
      Comme Atlas et Crozatier, Fly était une enseigne du Groupe Mobilier Européen. Suite à des difficultés financières récurrentes, celui-ci fut placé sous procédure de sauvegarde en juin 2014. Aucune offre de reprise globale ne s’étant présentée, le groupe allait partir à la découpe. Je me suis proposé, avec trois autres cadres dirigeants, au rachat de Fly, car c’était selon moi l’enseigne ayant le plus de potentiel. L’offre de rachat que nous avons présentée portait sur 39 magasins en propre, parmi les 60 existants : nous avons écarté ceux sont les tailles ou emplacements ne nous paraissaient plus adéquats, et ceux qui enregistraient des niveaux de pertes trop importants. La reprise portait aussi sur une quarantaine de contrats de franchise.

      Près de la moitié de ces contrats a pris fin depuis, et Fly ne compte plus que 25 franchises sur le territoire. Ce mouvement d’érosion de votre parc est-il arrivé à son terme ?
      Sur la quarantaine de franchises qui entraient dans le périmètre de la reprise, un certain nombre avait connu des difficultés trop importantes pour pouvoir poursuivre, nous le savions dès le départ et l’avions anticipé dans nos plans. Il n’est pas exclu que deux ou trois partenaires encore arrêtent leur activité. Mais globalement, le réseau est aujourd’hui stabilisé.

      Vous avez consacré l’année dernière à retravailler le concept Fly. Dans quelle direction ? Et avec quels objectifs ?
      Nous avons énormément travaillé au positionnement de Fly. Nous sommes en train de créer une “3ème voie” sur le marché du meuble : celle d’une enseigne qui amène du design à un niveau de prix dit mass market. Nos nouvelles collections, visibles dans le catalogue sorti en octobre, sont très différenciantes. Nous avons aussi revu le mix décoration/meuble. Aujourd’hui, 80 % de notre chiffre d’affaires proviennent du meuble et 20 % des objets de décoration. Nous voulons que cette partie boutique grimpe à 40 % de notre CA, pour créer du trafic en magasin et jouer à plein l’effet design.

      Vous annoncez également de gros efforts en matière de e-commerce…
      Le développement d’Internet fait en effet partie de notre priorité. Les ventes en ligne ne représentent aujourd’hui qu’à peine 1,2 % du CA de Fly. Leur potentiel de développement est donc énorme. Nous souhaitons passer à 10 ou 15 % de notre chiffre réalisé via le Web. Pour cela, nous allons abandonner le click and collect – Fly ne disposant plus de magasins partout en France, ce système nous prive d’un potentiel de CA trop important – pour passer avant la fin du premier semestre 2016 à un catalogue en ligne comprenant toute notre offre et adossé à une plateforme logistique propre. Le client pourra se faire livrer directement. Le franchisé local, s’il y en a un, touchera le fruit de la vente.

      Quels retours avez-vous reçu de vos franchisés à propos de toutes ces évolutions ?
      Nous les avons rencontrés en décembre et les retours sont très bons concernant à la fois les nouvelles collections et les différents chantiers menés. Ils affichent une vraie adhésion à la stratégie mise en place.

      Quand pensez-vous renouer avec la croissance et la rentabilité ? Quand reprendrez-vous le développement du réseau ?
      Nous ouvrirons fin 2016 notre 40ème magasin et nouveau pilote. Nous sommes repartis d’une page blanche pour en imaginer l’offre, le merchandising, le parcours client, les services… Nous voulons un magasin qui traduise cette 3ème voie que nous empruntons. Quand nous aurons montré que le modèle est rentable, nous nous redéploierons. Avec l’objectif de couvrir les grandes villes en propre et les villes moyennes en franchise.
      Nous avons déjà des demandes mais souhaitons avancer étape par étape, reconstruire la marque avant de redévelopper. Nous estimons quoi qu’il en soit notre potentiel à 120 boutiques à terme en France. S’agissant de résultats, nous pensons regagner des parts de marché dès 2016. Notre business plan prévoit un retour à la croissance et à la rentabilité d’ici cinq ans, mais nous espérons pouvoir y accéder dans les trois ans.

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