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      Pourquoi la franchise résiste, même en temps de crise ?

      Tribune publiée le 9 juin 2021 par Quentin TIBURCE
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      Les chiffres de la franchise se sont bien maintenus au cours de l’année 2020. Cette forme de commerce indépendant continue à attirer les entrepreneurs, malgré la crise.  Quelles sont les raisons qui incitent à entreprendre en franchise, même dans un contexte incertain ?

      Quentin Tiburce, dirigeant France de CompliantiaLes derniers rapports publiés par les professionnels du secteur confirment tous la tendance : face à la crise la franchise a globalement bien résisté en 2020. Elle n’a pas été épargnée mais les chiffres se sont plutôt bien maintenus.

      Les chiffres 2020 du secteur confirment la résistance de la franchise

      Selon le dernier rapport publié par la Fédération Française de la Franchise, le chiffre d’affaires du secteur a reculé de 5,8 % en 2020, en raison des fermetures imposées par la crise sanitaire. Une situation quasi inédite depuis 20 ans, au cours desquels la franchise n’a cessé d’afficher une croissance et un dynamisme supérieurs aux principaux indicateurs économiques du pays.

      Mais si le chiffre d’affaires a baissé du fait de la fermeture des restaurants et des commerces dits « non-essentiels » de mi-mars à mi-mai, puis à nouveau en novembre, le nombre de points de vente franchisés, lui, est resté stable en 2020. Signe de la force du modèle.

      Autre rapport qui vient appuyer ces informations : la 17ème  édition de l’Enquête annuelle de la franchise FFF-Banque Populaire.  67% des franchisés estiment mieux résister à la crise qu’un commerçant isolé. La proportion de Français qui aimeraient créer leur entreprise en franchise est quand-à-elle restée stable par rapport à l’année dernière, malgré la crise. Signe là encore que le modèle constitue une manière efficace de réussir sa création d’entreprise.

      Les enseignements de la crise COVID-19 sur les forces du modèle

      L’épisode COVID-19 a révélé l’importance d’une organisation en réseau pour mieux résister à une situation de crise.

      La franchise est un modèle basé sur trois éléments : un savoir-faire unique, une image de marque et une assistance. Ces trois ingrédients permettent la réitération de réussites. Avant de se développer en franchise, le futur franchiseur doit s’assurer que son concept est viable, par l’ouverture d’un ou plusieurs points de vente pilote.  Il formalise ensuite son savoir-faire – la recette du succès – dans un manuel en y précisant les moindres détails. Grâce à ce savoir-faire, et à la construction d’une image du marque différenciante, les franchisés disposent d’un vrai avantage concurrentiel.

      Vient ensuite le 3ème pilier, l’assistance aux franchisés. Le franchiseur se doit d’être présent aux côtés des franchisés pour les former et leur apporter du soutien en cas de difficultés.

      Dans le cas de la crise sanitaire, le soutien de la tête de réseau a précisément été perçu comme un réel atout par les franchisés.  Selon la 17ème Enquête annuelle, 93 % d’entre eux ont été accompagnés par leur franchiseur pendant la crise, 87 % ont reçu des communications régulières.

      C’est donc la qualité de la relation entre la tête de réseau et les opérationnels sur le terrain qui a permis aux réseaux de s’en sortir. Avec une division des tâches efficiente entre les actions de la tête de réseau et celle des franchisés. Les chefs d’entreprises franchisés se sont concentrés sur des tâches opérationnelles tout au long de la crise, la relation avec leurs salariés, leurs clients, leurs fournisseurs… Et ils ont pu s’appuyer sur la vision globale et moyen terme des équipes du franchiseur qui, elles, se chargeaient d’être à jour des nouvelles directives gouvernementales et des aides à disposition. Cette répartition des responsabilités entre les deux a été une stratégie efficace pour rester à flots et permettre au réseau de garder un cap.

      Les conditions de la réussite en franchise

      Pour reprendre les mots de Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise, dans un communiqué : « La franchise a su prouver sa capacité de résilience, de résistance et de robustesse dans cette période singulière. »

      Pour autant, afin d’être résilient et résistant, un système de franchise doit être organisé autour de process et d’outils permettant une relation fluide entre le franchiseur et les franchisés.  C’est le rôle de l’animateur de réseau d’assumer cette fonction de dialogue.  Dans le cadre de la crise sanitaire, par exemple, certains se sont appuyés sur des check lists mises à jour et partageables en temps réel afin d’assurer le suivi des informations à transmettre et vérifier leur bonne application sur le terrain, au fur et à mesure des évolutions réglementaires.

      Ainsi, beaucoup de réseaux ont profité de ces perturbations pour revoir leurs process et mettre en place de nouveaux outils : c’est ce qu’affirment 58 % des franchisés interrogés dans l’Enquête annuelle. Une telle organisation est la clé pour résister aux intempéries et prendre les bonnes décisions pour mieux repartir.