Né Paris en 2023, le concept de street-food marocaine Choukran (deux adresses dans la capitale) annonce son lancement en franchise avec pour ambition d’ouvrir une trentaine de restaurants sous cette forme d’ici 2029.
« Réinventer la cuisine marocaine sans la dénaturer, la rendre plus lisible, plus contemporaine, plus accessible et la faire rayonner à grande échelle » : c’est la mission que s’est donnée l’enseigne de street-food Choukran (« merci » en arabe) depuis sa création en 2023, explique dans un communiqué le chef Abdel Alaoui, l’un de ses co-fondateurs. Chef cuisinier, consultant, chroniqueur culinaire (notamment sur Canal+ et France 5), ce dernier (né à Oujda, au Maroc, en 1979) a publié en 2022 un livre de recettes intitulé « Choukran – La cuisine marocaine maison d’aujourd’hui ». Avant d’ouvrir en juillet 2023 un premier établissement à l’enseigne Choukran rue Saint-Georges, dans le 9ème arrondissement de Paris.
Revisitant les classiques de la gastronomie marocaine (couscous, tajines, pâtisseries) « à travers une approche contemporaine, accessible et exigeante, inspirée des codes de la néo-restauration », ce premier restaurant proposait ainsi un « couscous sur le pouce » et une « finger pastilla ». Mais aussi des recettes baptisées « Kazdal » (un sandwich dans lequel le pain est remplacé par une crêpe msemen, spécialité culinaire du Maghreb) ou « Bledwich » (un sandwich… du bled à base de tanjia, plat traditionnel de la cuisine marocaine). Une offre appréciée par la clientèle parisienne et par les spécialistes de la restauration (Choukran a remporté les Palmes de la restauration 2023, décernées par le Leaders Club, dans la catégorie « Casual Dining »).
Créé en 2023, le concept de street-food marocaine Choukran compte deux adresses à Paris
En janvier 2025, un deuxième établissement parisien à l’enseigne Choukran a ouvert ses portes rue d’Aboukir, dans le deuxième arrondissement. Un an plus tard, l’enseigne de street-food revendique sur ses deux adresses « plus de 2,3 M€ de chiffre d’affaires annuel, un ticket moyen de 17 HT € le midi et 24 HT € le soir ». Le concept réalise 80 % de ses ventes sur place et à emporter, contre 20 % via les plateformes de livraison (avec un panier moyen de 35 TTC € en livraison). Des performances que ses créateurs attribuent à « un triptyque clair et qui marche : une cuisine marocaine authentique et moderne, un concept fort, duplicable, une marque à forte désirabilité culturelle ». D’où leur ambition, désormais, de bâtir un réseau à l’échelle nationale, afin de devenir « le leader de la street food marocaine en France ».
Pour accélérer le déploiement de leur concept, Abdel Alaoui et Otto Nijdam, co-fondateurs de Choukran, ont décidé de procéder à une levée de fonds et de faire appel à la franchise, annoncent-ils dans un communiqué diffusé le 24 janvier 2026. L’entreprise a en effet procédé à « deux tours de table successifs lui permettant de lever 5,4 M€ (2,725 M€ de levée en equity et 2,7 M€ de dettes) ». Notamment, précise-t-elle, auprès de « plusieurs investisseurs leader du secteur de la restauration (Jean-Pierre Petit ancien DG McDonald’s, Adrien Verhack CEO Foodtech Founders, Julia Vernin CEO Maslow group, Theo Battistini CEO Crying Tiger) ».
Ouvert à la franchise, Choukran veut ouvrir une trentaine de restaurants sous cette forme d’ici 2029

« La franchise est pour nous un levier de croissance mais aussi un outil de maîtrise, souligne Otto Nijdam, CEO de Choukran, elle nous permet de construire une marque forte, cohérente, exigeante, tout en garantissant la qualité de l’expérience Choukran partout en France. » Grâce au recrutement de chefs d’entreprise indépendants, le jeune réseau a pour ambition, d’ici 2029, d’implanter un total 37 restaurants, dont une trentaine seront exploités par de franchisés. En ciblant « les principales grandes agglomérations françaises : Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes, Strasbourg, Reims, Lille… », précise la tête de réseau.
« Aucune marque nationale forte n’a encore émergé pour structurer » le marché de la cuisine orientale et méditerranéenne, constatent les dirigeants de Choukran. Qui ambitionne donc d’en devenir la marque de référence. Pour ouvrir des restaurants de 150 m² (environ 50 couverts), le jeune réseau recherche des candidats disposant d’une expérience « en restauration ou en gestion », « passionnés par la culture marocaine », partageant des valeurs de « convivialité, partage, authenticité » et ayant « l’âme d’un restaurateur engagé. » L’investissement initial à prévoir pour créer un établissement représente 500 000 €, dont 150 000 €d’apport personnel minimum.