Se lancer en franchise va bien au-delà de l’adhésion à un concept. Chaque étape, de l’analyse de la faisabilité à la cession de l’entreprise, implique des décisions structurantes et l’intervention d’acteurs spécialisés. L’éclairage de nos experts sur les temps forts d’un tel projet et les professionnels à mobiliser.
De l'idée à la concrétisation
Créer son activité en franchise requiert d'abord une analyse de faisabilité détaillée afin de valider l'adéquation du projet avec le profil et les compétences du créateur. L’examen du marché local ciblé, réalisé avec l’appui d’une étude de marché, permet d’affiner cette évaluation et d’identifier les emplacements les plus stratégiques pour l’implantation du point de vente.
Cette étape inclut également de définir le cadre juridique, social et fiscal le plus adapté au projet et aux ambitions de l’entrepreneur. Un accompagnement expert est vivement recommandé pour comparer les options et prendre des décisions éclairées.
Parallèlement, une évaluation des besoins financiers doit être menée. L'investissement de départ (droits d'entrée, achat/location et aménagement du local, stock…) est souvent conséquent. Même si les établissements bancaires se montrent souvent réceptifs au financement d'un franchisé - la rentabilité du modèle économique ayant généralement fait ses preuves - il peut être utile de s’appuyer sur l’expertise d’un courtier pour structurer au mieux le financement. Pour démontrer la solidité du projet, un business plan détaillé (intégrant notamment analyse concurrentielle, plan de trésorerie, bilan et compte de résultat prévisionnels) est également à produire. L’intervention d’un expert-comptable est ici à privilégier.
Au cœur de cette démarche, se trouve également l’étude des documents contractuels qui constituent le fondement de la relation avec l'enseigne. Il convient, ainsi, de réviser avec soin le document d'information précontractuel (DIP), que le franchiseur remet au moins 20 jours avant la signature du contrat de franchise. Cette période de réflexion offre l'opportunité d'identifier les risques juridiques ou sociaux potentiels et de sécuriser les clauses sensibles, avec l'accompagnement recommandé d'un avocat spécialisé. Une attention particulière doit être portée aux conditions de transmission du savoir-faire, à l'utilisation de la marque et aux diverses exclusivités (territoriale, d'enseigne ou de fourniture), dont le non-respect peut impacter l'activité.
Entre gestion quotidienne et vision à long terme
L'un des atouts de ce modèle réside dans la répartition des rôles. Le franchiseur orchestre généralement les aspects complexes du développement commercial à grande échelle, tels que l'approvisionnement des stocks ou les campagnes de marketing. Le franchisé a, dès lors, la possibilité de se concentrer plus sereinement sur ses missions opérationnelles et la rentabilité de son point de vente. Il veille, ainsi, au suivi de sa trésorerie et de sa comptabilité, produit des reportings réguliers pour observer ses performances et structurer son activité, souvent guidé par le manuel opératoire (Manop) fourni par le franchiseur. Bien que les contrats de franchise s'étalent généralement sur 5 à 7 ans, une étude prévisionnelle à 10 ans peut aider à analyser l'évolution du chiffre d'affaires, de maîtriser les frais de personnel et d'anticiper leur impact direct sur la rentabilité à long terme de la structure.
Le capital humain, moteur de la franchise
Le suivi opérationnel englobe également l’accompagnement des collaborateurs, dont la performance et l’engagement sont déterminants pour le succès du point de vente. Le recrutement de profils adaptés et leur intégration optimale constituent une priorité pour garantir une expérience client conforme aux standards de l’enseigne. Si le franchiseur assure généralement la formation initiale liée au savoir-faire, il appartient au franchisé de structurer et d’accompagner l’évolution des compétences de son personnel au quotidien, afin de maintenir les standards de qualité du réseau. La gestion du personnel ne se limite pas à ce suivi opérationnel ; elle recouvre également le respect strict des obligations légales qui y sont liées : gestion des contrats de travail, suivi des congés, déclarations sociales (DSN), prévention en matière de santé et sécurité au travail… Le déploiement d’un SIRH (système d'information dédié à la gestion des ressources humaines) permet de sécuriser la conformité réglementaire, d’optimiser les processus administratifs et de mieux accompagner le développement des compétences des collaborateurs. Et là encore, des spécialistes paie et RH peuvent accompagner le franchisé dans l’optimisation de ses pratiques.
Protéger l'entreprise, le dirigeant et le réseau
L’environnement de l’entreprise est complexe, et le verrouillage des aspects réglementaires est indispensable pour assurer la pérennité de l’activité. Une veille juridique et un accompagnement en droit pénal et en droit des affaires permettent de se protéger en cas de litige avec un fournisseur, un salarié ou des tiers. La rigueur est également requise concernant les obligations fiscales, qu’il s’agisse, par exemple, des déclarations de TVA ou de la Tascom (taxe sur les surfaces commerciales, si applicable). Par ailleurs, le recours à des professionnels pour la souscription d’assurances adaptées (responsabilité civile, perte d’exploitation, locaux) constitue une étape essentielle pour sécuriser l’activité face à d’éventuels aléas.
Démarche RSE : un petit plus qui fait la différence
L’intégration d'une démarche de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) apporte une valeur ajoutée appréciable. L'adoption de pratiques durables concourt à fidéliser une clientèle de plus en plus attentive à ces enjeux et donne du sens à l'engagement des équipes, inscrivant ainsi la franchise dans une perspective de réussite pérenne et responsable.
Anticiper la transmission
Au terme de son exploitation, le franchisé peut légitimement envisager de transmettre son activité. Cette phase finale du cycle entrepreneurial demande une préparation minutieuse, car la cession d'une franchise présente des spécificités la rendant plus exigeante que la vente d'une entreprise classique. Les règles encadrant cette opération sont généralement prévues dès la genèse du projet et figurent parmi les éléments détaillés dans le DIP remis par le franchiseur avant même la signature de l'accord initial. La démarche s'articule d'abord autour de l'évaluation du prix de cession du fonds de commerce ou des titres de participation, puis de la recherche et du choix d'un repreneur adéquat. La finalisation de la vente peut être subordonnée à l'accord du franchiseur. Ce dernier exerce un droit d'agrément, lui permettant d'évaluer et de valider le profil du futur acquéreur. Cette étape vise à s'assurer que le nouveau dirigeant dispose des compétences requises et partage les valeurs du réseau pour pérenniser l'activité. Il convient donc d'anticiper cette transaction en concertation avec la tête de réseau et avec l'appui de conseils juridiques et financiers.
Depuis plus de 60 ans, le Groupe Baker Tilly accompagne les porteurs de projet dans la structuration, le financement et le développement de leur activité, en leur apportant une expertise complète sur les aspects juridiques, fiscaux, sociaux, financiers et opérationnels. N’hésitez pas à faire appel à nos équipes spécialisées en franchise pour vous apporter des conseils experts à chaque étape.
Nos experts*, Cindy Bacle - Responsable secteur Distribution, Expert-comptable
[email protected] et Frédéric Bénard - Associé, Responsable secteur CHR, Expert-comptable
[email protected]
*cette communication est sponsorisée