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    Franchiseurs ou franchisés : comment s’associer pour mieux réussir ?

    Tribune publiée le 21 juillet 2017 par Benoît DUCHANGE
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    Entreprendre avec un associé pour devenir franchisé ou devenir franchiseur peut mener à la réussite, mais aussi à l’échec. L’auteur, expert en franchise, explique comment bien choisir un associé.

    Par Benoît DUCHANGE, Consultant organisation et recrutement, Associé Progressium Développement

    Chez les franchiseurs comme chez les franchisés, on rencontre des associés heureux qui ont réussi, au fil du temps, à construire des entreprises performantes dans le respect de valeurs communes.

    Mais comment ont-ils donc fait ?

    Lorsqu’on crée une société avec des associés, c’est pour une croisière au long cours : il faut avant tout choisir les bons équipiers. Car, comme disent les navigateurs chevronnés, « c’est là qu’on découvre le vrai visage de l’autre ! »

    Un bon associé doit être capable d’un engagement personnel dans la durée et de rester sur la passerelle même en cas de gros temps. Au même titre qu’un mariage, une association a vocation à se vivre dans le temps dans le respect de règles morales – « respect, fidélité, secours et assistance, […] obligation mutuelle à une communauté de vie » dixit le Code Civil pour le mariage – et ne peut être rompue qu’en respectant certaines règles juridiques.

    Les bonnes pratiques pour choisir son associé

    « Le plus court chemin pour devenir grand personnage est de savoir choisir son monde. » Baltasar Gracián

    Un associé, ce n’est pas seulement un investisseur ! Un bon investisseur est plus facile à trouver qu’un associé avec lequel on va vivre une aventure passionnante et difficile. Nous avons interviewé une quinzaine d’entrepreneurs : certains se sont associés avec succès, d’autres ont vécu des échecs cuisants. De ces expériences de terrain se dégagent des bonnes pratiques quant au choix d’un associé.

    Les qualités de savoir-faire sont les plus faciles à déterminer : un profil d’entrepreneur couplé d’un professionnel expérimenté et complémentaire des vôtres, des capacités commerciales et le cas échéant un développeur de sa propre ligne de business.

    Les qualités de savoir-être sont plus complexes, mais toutes les personnes rencontrées insistent sur un point essentiel : le bon associé est quelqu’un de différent avec une personnalité complémentaire, que nous estimons et en qui nous avons parfaitement confiance, et réciproquement. Ce qui explique le choix fréquent de quelqu’un avec qui on a déjà travaillé ou vécu des expériences professionnelles fortes.

    Bien formaliser les enjeux de l’association

    Avant de signer, il est donc prudent de bien réfléchir.

    Avant de partir ensemble, être clair sur les objectifs personnels de chacun et surtout bien se connaître réciproquement !

    La très grande majorité des personnes interviewées qui ont vécu un échec avec leurs associés décrivent la même situation : « Nous n’avions pas les mêmes enjeux personnels, je n’ai jamais compris pourquoi il voulait s’associer avec moi ! ». Pour éviter ces graves incompréhensions, il suffit de commencer par un exercice simple : chacun écrit sur une page ses enjeux personnels à court, moyen et long termes. Puis croisez les résultats et formalisez les enjeux de votre association déclinés en objectifs concrets pour l’entreprise.

    Par ailleurs, la différence des caractères – un facteur important de réussite – implique qu’elle doit être bien connue et intégrée pour être bien exploitée et ne pas provoquer de conflits en cas de désaccord. Pour cela, se faire assister par un psychologue ou un coach – si possible préalablement à la décision de s’associer – n’est pas du luxe, et les honoraires versés peuvent être intégrés dans les charges de l’entreprise.

    « Ce que l’homme de bien énonce doit pouvoir être mise en pratique, et dans ce qu’il énonce, il ne laisse tout simplement rien au hasard ». Confucius (Entretiens XIII – 3)