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    Quels conseils donnez-vous aux têtes de réseau ?

    Dernière mise à jour le 27 novembre 2020

    Sandrine Lagier aimerait que les franchiseurs insistent auprès de leurs franchisés sur la mise en place d’outils financiers de reporting, et de suivi de trésorerie. « On voit bien que dans les réseaux où le franchiseur est promoteur sur ce type d’outils, les franchisés s’équipent, souligne l’expert-comptable. Alors que, si ce n’est pas le cas, on n’a même pas un tableau de bord tous les mois sur des boutiques qui peuvent faire entre 2 et 5 M€ de chiffre d’affaires ! Il me paraît primordial au regard de cette crise de s’équiper, d’être accompagné et d’anticiper tous les remboursements à venir, parce que si les dirigeants d’entreprise ne prennent pas leurs responsabilités, cela va devenir compliqué. »

    Logiquement, le conseil de Florence Soubeyran est de prendre en compte, dans les dossiers de demandes de prêts, l’évolution des modèles économiques sous l’impact de la crise sanitaire : « Certains franchiseurs ont pris en compte les chiffres réalisés après la crise de 2008 pour réajuster leurs prévisionnels sur cette même base, indique-t-elle.  Il faut effectivement disposer de tableaux de bord pour le suivi du quotidien, à la fois pour le pilotage des points de ventes existants et contribuer à la construction du modèle de demain : les modèles économiques sont à adapter et à actualiser. »

    « Il faut se poser, revoir le business model vis-à-vis des candidats à la franchise, réajuster la stratégie de développement, et en amont, repenser ce qu’on développe », estime Sylvain Bartolomeu. Pour cela, le consultant recommande aux franchiseurs de faire un retour d’expérience : « C’est-à-dire un bilan de ce qui a marché, de ce qui a été vécu et surtout remettre du sens. Parce que les enseignes doivent rentrer dès maintenant dans une animation très musclée sur l’économique et sur le concept, mais au micro-détail et parfois à distance, ce qui n’est pas si simple que ça ».

    « Il faut vraiment faire le job de franchiseur, complète Cécile Peskine. On ne peut pas se barricader derrière le fait qu’il y a un virus qui circule pour ne plus aller chez les franchisés : ne faire que de la visio dans une animation de réseau, je trouve ça dramatique ! On est quand même dans le commerce, dans l’humain donc le visio, c’est génial mais, quand on prend des royalties de 3 à 8 % sur le chiffre d’affaires, pour moi ce n’est pas suffisant ! »

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    « Franchiseurs, faites vraiment votre job d’accompagnement et ménagez-vous la preuve de ce que vous faites ! »

    Cécile Peskine, Avocate associée au Cabinet LinkeA