HABILLAGE COEUR DE FLEURS

Faire parler les chiffres du franchiseur

Dernière mise à jour le 28 février 2017

Chiffre d’affaires, résultats, capitaux propres, endettement, rentabilité des sites pilotes, marges et redevances perçues. Bien analysés, les chiffres du franchiseur  peuvent se révéler très parlants !

Pourquoi s’intéresser aux chiffres du franchiseur ? D’abord parce que c’est possible.

La loi Doubin impose au franchiseur de faire figurer dans son DIP (Document d’Information Précontractuelle) les comptes annuels des deux derniers exercices de sa société (ou les rapports d’activités si elle est cotée). Autant s’en servir.

Précision : ce qui est vrai pour le franchiseur l’est aussi pour le dirigeant de réseau qui se développe en concession, licence de marque, commission-affiliation, etc.

Ensuite parce que cela peut vous être très utile. En tant que franchisé, vous serez le chef d’une entreprise juridiquement indépendante du franchiseur. Mais vous lui serez aussi associé par contrat pour 5,7 ou 10 ans. Voire bien plus si le contrat est renouvelé.

Autant savoir avec qui vous vous associez, si la société du franchiseur est saine, solide. Si elle a des chances d’être pérenne. Ou si, à l’inverse, elle présente trop de fragilités.

Comment lire les chiffres du franchiseur ?

Même si vous savez lire un bilan, n’hésitez pas à vous faire aider pour l’occasion par un expert-comptable.
Choisissez-le toutefois parmi ceux qui se sont spécialisés en franchise.Il en existe suffisamment et ils sont mieux à même de connaître les astuces des franchiseurs.

Si la loi limite aux deux derniers exercices l’obligation de transparence, rien ne vous empêche de vous procurer sur des sites internet comme Infogreffe  ou Société.com, les bilans simplifiés des années précédentes (à examiner aussi avec votre expert-comptable).

Après lecture, vous aurez des questions à poser au franchiseur afin de bien mesurer ce qui vous intéresse.

Des chiffres parlants, quel que soit le franchiseur

Les chiffres des franchiseurs peuvent être révélateurs, quelles que soient la taille de leur société ou son ancienneté.

Aussi, n’écartez pas l’examen des comptes des grands groupes, même s’ils vous semblent bien connus. Il arrive que certains succursalistes, par exemple, soient tentés par la franchise parce qu’ils rencontrent des difficultés. Ils espèrent, en s’associant à des franchisés – entrepreneurs indépendants motivés – obtenir des résultats auxquels ils ne parviennent plus avec leurs salariés.

Un tel redressement n’est pas impossible. Mais tout dépend, entre autres, de l’ampleur des pertes accumulées (car, en général, on a attendu longtemps avant de décider un tel virage stratégique).  Les chiffres du franchiseur vous diront où en est la société franchisante. Et si le pari est raisonnable.

Bien sûr, plus la société est récente, plus le franchiseur est débutant (en tant que franchiseur), et plus il sera intéressant de faire parler ses chiffres.

Le chiffre d’affaires du franchiseur

Les questions auxquelles vous pouvez chercher utilement des réponses en matière de chiffre d’affaires du franchiseur sont nombreuses :

-comment se situe l’entreprise en termes de CA par rapport à ses concurrents ?
-comment ce chiffre d’affaires évolue-t-il depuis deux ans (et plus)?

-quel est le chiffre d’affaires des unités en propre (établissements pilotes, succursales) ?
-quelle part du CA global du franchiseur provient de cette activité ?

-quelle part provient de la vente de produits aux franchisés (que le franchiseur soit fabricant, centrale d’achats ou prestataire de services) ?
-quelle part représentent les droits d’entrée, royalties et prestations de services (formation, etc.) vendues aux franchisés ?

Selon l’organisation du franchiseur, la lecture de tous ces chiffres sera plus ou moins facile. Si le franchiseur loge ses unités en propre dans une filiale, son activité de franchiseur dans une autre et coiffe le tout par une holding, vous aurez sans doute la plupart de vos réponses. Sinon, il faudra l’interroger.

Concernant l’activité de franchiseur proprement dite, il peut être intéressant de vérifier s’il y a bien adéquation entre le chiffre d’affaires réalisé et :

-la somme des droits d’entrée encaissés (montant du droit d’entrée multiplié par le  nombre d’ouvertures)
-plus la somme des royalties et redevances (obtenue en appliquant les pourcentages du réseau au CA moyen des franchisés, multiplié par le nombre de franchisés).

Si çà ne « colle » pas, il y a sans doute une explication.  Du côté du nombre d’ouvertures, du nombre de franchisés ou du CA moyen annoncés par le franchiseur.

Il est aussi intéressant de regarder comment a évolué récemment cette part du chiffre d’affaires du franchiseur. (Les franchisés paient-ils tous leurs redevances ?)

Le résultat du franchiseur

A priori, le résultat du franchiseur doit être positif. Les pertes, en tout cas, ne doivent pas être récurrentes. Sous peine, rapidement, de voir le dirigeant dans l’incapacité de développer son réseau, voire simplement de l’animer.

En particulier, le ou les établissements pilotes doivent être bénéficiaires. On ne saurait franchiser des pertes… Mieux vaut aussi que les succursales soient profitables…

Les experts admettent toutefois que l’entreprise d’un franchiseur débutant puisse présenter une situation de fragilité financière. La mise au point de son concept, les investissements réalisés   dans son ou ses pilotes ont pu générer des pertes pas encore compensées par l’activité.

Mais cette situation ne peut être que provisoire. Le développement du réseau doit lui permettre le retour à la norme.  A évaluer, donc.

L’analyse du résultat du franchiseur peut aussi déboucher sur des questions qui vous concernent au premier chef et notamment :
-quelles marges le franchiseur prélève-t-il sur la vente de ses produits aux franchisés s’il est fabricant ?
-quelles commissions perçoit-il éventuellement des fournisseurs ?
-partage-t-il ses remises de fin d’année (marges arrières) ?

Les principaux autres chiffres à analyser

Parmi les nombreux autres points à analyser dans les comptes du franchiseur, figurent aussi :

-les capitaux propres (ne sont-ils pas inférieurs à la moitié du capital social) ?
-les sommes mises en réserve (pour financer en permanence l’évolution du concept)

-les dettes (ne sont-elles pas excessives, comment évoluent-t-elles?)
-les créances clients (ne révèlent-elles pas de mauvais paiements de la part des franchisés ?)

-la masse salariale (correspond-elle aux besoins d’un réseau en termes de développeur, d’animateurs?  ) N’est-elle pas excessive ? (c’est souvent le cas, au siège, si un fonds d’investissement est au capital)

Enfin, les experts vous le confirmeront : le résultat exceptionnel et les annexes peuvent aussi révéler d’intéressantes informations.

Procurez-vous également auprès du tribunal de commerce le rapport du commissaire aux comptes. S’il émet une réserve, prudence !

Santé du franchiseur et santé des franchisés

Attention, il peut arriver que :

-les sites pilotes du franchiseur soient rentables, mais les unités franchisées le soient moins voire pas – car les pilotes bénéficient de conditions particulières (emplacement ou autre) -.

-la société du franchiseur soit en bonne santé financière, mais pas forcément le réseau de franchisés.

Aussi, n’hésitez pas à demander au franchiseur qu’il vous transmette les comptes de deux ou trois unités pilotes, comme de plusieurs unités franchisées ayant déjà au moins deux années d’activité.

Il n’est pas obligé de le faire. Mais il sait très bien que vous pourrez les obtenir sur Infogreffe ou Société.com.

N’hésitez pas non plus à rencontrer des franchisés. Cela peut se révéler très utile. Et même décisif !

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