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    Taux de réussite en franchise : les vrais chiffres - Brève du 14 juin 2010

    Dans un communiqué du 3 juin, l’AFT (Association Franchise et Transparence) remet en cause l’opinion selon laquelle, en France, le taux de réussite des franchisés serait “supérieur à 80%” alors que celui des “indépendants” (comprenez hors réseau) serait, lui, de 50%.
    Et de s’interroger : « quand ces statistiques ont-elles été établies ? Sont-elles encore d’actualité aujourd’hui ? »
    Pour asseoir son propos l’AFT s’appuie sur une lettre du président de l’IFA (International Franchise Association), en date du 2 mai 2005, qui “demande à tous les franchiseurs adhérents” de ne plus utiliser sur leurs sites web ou dans leurs brochures l’argument selon lequel le taux de réussite des franchisés serait “beaucoup plus élevé” que celui des autres commerçants indépendants.
    Sous le titre “mythe ou réalité”, le délégué général Rodolphe Galy-Dejean signe par ailleurs un article sur le site chefdentreprise.com où il accuse les “nombreux sites (web) faisant la promotion des franchiseurs” de “créer plusieurs fausses impressions” à ce sujet et notamment de laisser penser que le taux de 80% de réussite serait valable pour toutes les franchises alors que ce ne serait le cas que pour une minorité.
    En France, des chiffres officiels existent pourtant.  Ils ont été publiés et commentés par la DCASPL la Direction du Commerce – c’est-à-dire par Bercy- en novembre 2008 dans un numéro de “PME/TPE en bref”, une publication du Ministère du commerce, à partir de trois enquêtes réalisées par l’INSEE en 1998, 2002 et 2006.
    La DCASPL relevait notamment dans ce document que “Parmi les entreprises créées en 2002, 72% des franchises et coopératives (avaient) toujours une activité économique trois ans plus tard, contre 66% des entreprises créées en dehors d’un réseau.” L’auteur des commentaires notait également que “les entreprises appartenant à un réseau sont ainsi des entreprises économiquement plus stables que les autres et développent une activité plus intense”, elles ont “1,7 fois plus de chances (que les autres) d’atteindre un CA supérieur à 80 000 euros après 3 ans”, elles sont “76% (contre 26%) à employer au moins un salarié.”
    Certes, pour Bercy, ce taux de survie “supérieur à la moyenne” était “lié à un effet de structure”, aux “investissements initiaux importants et aux caractéristiques du créateur”. L’auteur écrivait même qu’il “ne s’agit pas d’un effet propre à la franchise”. Mais pour reconnaître aussitôt qu’il y a bel et bien un “effet réseau” bénéfique, notamment en termes de publicité et de visibilité pour l’entrepreneur.
    Les créateurs d’entreprises en réseau examinés par l’INSEE apparaissaient du reste “plus diplômés” et “plus ambitieux” que les créateurs en solo et trouvaient à 82% leur formule “avantageuse“.
    Ces chiffres datent, en effet, et les études de l’Insee mériteraient d’être renouvelées. De même, les écarts de performances constatés ne sont pas ceux habituellement cités. Mais les tendances indiquées par ces statistiques ministérielles – peu suspectes de complaisance – vont bien dans le sens d’une plus grande sécurité de l’investissement en franchise en général et ne peuvent pas être ignorées.