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    Devenir franchisé : avez-vous la tête de l’emploi ?

    Devenir franchisé : avez-vous la tête de l’emploi ?

    Dernière mise à jour le 28 février 2017

    En matière de recrutement, les franchiseurs sont pragmatiques : aussi ouverts que possible dans un premier temps, ils font le tri ensuite, choisissant parmi ceux qui les ont sollicités les candidats qui se révèlent les plus convaincants.

    Les couples a priori peu prisés

    Parmi les enseignes ayant participé à notre enquête, seules neuf disent vouloir recruter des couples, et trois leur donner l’exclusivité (Boulangerie Feuillette, Le Grand Panier Bio, Un Monde Autrement). Cela paraît peu, remarquent les experts, le fonctionnement en binôme étant répandu, dans le commerce alimentaire en particulier (supérettes, boulangeries…). C’est qu’il présente des avantages, dont “la confiance, nécessaire quand il faut gérer du cash” et “la complémentarité des compétences”, souligne Jean-Philippe Deltour.

    “Certaines enseignes recherchent aussi des couples parce que cela fait partie de leur business modèle. En clair, il s’agit de contourner les contraintes, notamment horaires, liées au code du travail : l’addition de deux entrepreneurs permet au concept de tourner sans salarié”, note Rémi de Balmann.

    Mais les inconvénients à recruter un couple sont, pour les experts, plus nombreux que les avantages. Ce qui explique sans doute pourquoi si peu d’enseignes les recherchent activement. Ils sont d’abord d’ordre financier, rappelle Jean-Philippe Deltour : “Pour la banque, le risque est plus important que si l’entrepreneur se lançait seul et que son conjoint assurait un revenu sûr et régulier en restant salarié par ailleurs. Le projet devra être économiquement performant et suffisamment rentable”.

    Si les enseignes sont rares à rechercher spécifiquement des couples, c’est aussi, estime Laurent Poisson, “parce que cela pose des problèmes en matière de management de réseau. Car qui est alors le franchisé ? Qui est l’interlocuteur du franchiseur et de ses équipes ? Sans parler des interactions entre vie privée et vie professionnelle. Que se passe-t-il, par exemple, si le couple divorce ?”

    L’avocat Rémi de Balmann rappelle qu’une tête de réseau “peut décider de conclure un contrat intuitu personae qui vise les deux personnes, se laissant ainsi le droit de mettre fin au contrat si le couple explose”. Mais en convient : la situation n’est assurément pas des plus confortables.