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      Bars à ongles : des chaînes bien vernies ?

      Actu secteurs
      13 novembre 2013

      Les nails bars fleurissent un peu partout en France. Surfant sur un effet de mode qu’elles espèrent durable et s’appuyant sur un business model de crise, plusieurs enseignes modélisent leur concept pour capter des parts de marché.

      Une alternative aux instituts de beauté traditionnels

      À sourire, à sourcils, à sieste et même à chats (!), le concept de bar thématique est à la mode. Le  “nail bar” ou “bar à ongle” en VF s’inscrit pleinement dans cette tendance. Très développés en Asie, aux États-Unis et en Europe du sud, ces petits espaces dédiés à la beauté des mains et des pieds connaissent un véritable essor en France. La formule ? Offrir à une clientèle plutôt jeune des prestations rapides et sans rendez-vous dans des écrins résolument mode, le tout à prix abordable. L’objectif ? Dépoussiérer le métier de la manucure et proposer une alternative aux instituts de beauté traditionnels et au leader historique d’un marché très atomisé, l’enseigne franchisée L’Onglerie.

      Le leader des chaînes d’instituts de beauté surfe sur la vague

      Leader des chaînes d’instituts de beauté avec ses 350 adresses, Body Minute a été l’un des premiers, l’an passé, à surfer sur la vague. “Après avoir démocratisé l’épilation avec Body Minute, nous avons innové avec Nail’ Minute, dédiée au soin des ongles (manucure, beauté des pieds, vernis, faux ongles…) sans rendez-vous, avec abonnement, explique Gilles Kalensky. Le métier étant très minutieux et spécifique, nous ne pouvions pas l’intégrer directement dans nos centres. Nous avons donc mis au point un concept sous forme de petites cellules (20 à 25 m²) moyennant un investissement de 40 à 45 000 € clé en main.”

      Rodé en succursale, le concept est dorénavant dupliqué en franchise. La tête de réseau vise rapidement plusieurs dizaines d’adresses. “Le contexte de crise favorise le retour des petits métiers. Dans notre propre école, nous dispensons à nos partenaires une formation de 5 semaines comme prothésiste ongulaire.”

      Les coiffeurs aussi sont à l’affût

      Body Minute n’est pas le seul grand opérateur à investir le créneau. Géant de la coiffure avec ses 1 700 salons franchisés en France (Franck Provost, Jean-Louis David, Saint-Algue…), Provalliance lance son concept de bar à ongle baptisé Colorii Nail’s Bar. “Nous ne pouvions pas rester insensible à la demande de la consommatrice, indique le développeur Marc Aublet. Les ongles sont devenus un élément fondamental du look, comme les cheveux et les vêtements.” La chaîne lorgne des kiosques de 15 à 25 m² en centre commercial puis en centre-ville. Le business model fait la part belle à la revente de produits et de vernis en libre-service qui doivent générer 30 % du CA.

      Le pilote est programmé en région parisienne, à Chambourcy. Suivront des filiales (Forum des Halles, Les Quatre Temps…) puis des franchises aux quatre coins du pays. “Nos coiffeurs franchisés sont très intéressés : les univers métiers sont proches et les investissements abordables. Le groupe a les moyens logistiques d’aller vite car le marché français est sous-équipé.”

      La concurrence entre franchises s’annonce féroce

      Autre acteur à vouloir faire des pieds et des mains en franchise : Twenty Nails, fondé par Didier Flipo (ex-Michel Dervyn) et Pierre-Marie Faure (ex-Jean-Louis David). L’enseigne propose “nails art” (maquillage des ongles), pose de vernis, french manucure et cabine de pédicurie. “Nous voulons décomplexifier les soins de manucure”, décrypte Didier Flipo. Twenty Nails travaille en exclusivité avec l’Américain OPI, leader mondial du segment. Pour nourrir son déploiement de boutiques, stands et kiosques, la chaîne (2 adresses dans le Nord) compte séduire esthéticiennes, indépendantes du secteur et coiffeurs désirant diversifier leur activité.

      La concurrence entre franchises de nails bar s’annonce donc féroce. D’autant qu’il faudra compter avec des réseaux succursalistes – Nail Factory, Manucurist, Beautybar One – tout aussi alléchés par le potentiel de l’activité.

      L’Onglerie, une référence du marché

      Trente ans après l’ouverture, en 1983 à Bordeaux, de son premier institut, L’Onglerie, fondée par Christian Pommier et sa femme Gisèle, s’est imposée comme le n°1 de la manucure en France. Le réseau est d’ailleurs le seul qui soit parvenu à réaliser un véritable maillage d’envergure nationale, comptabilisant aujourd’hui près de 120 centres presque intégralement exploités en franchise.

      Avec son expérience et sa couverture, L’Onglerie apporte une image de marque, une notoriété et un savoir-faire uniques à ses franchisées”, s’enorgueillit Laurent Treuil, responsable du développement. Soucieuse de sa position dominante, la société est d'ailleurs titulaire depuis plus de 30 ans de droits de propriété intellectuelle sur la marque “L'Onglerie” (néologisme qu'elle a créée en 1983) et se montre particulièrement vigilante sur le sujet.

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