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    Cycles : recomposition dans le peloton

    Marché en expansion, enseignes à l’offensive : les réseaux ont le vent en poupe, malgré le poids de la grande distribution. Mais une course à la croissance est engagée et le classement général est en pleine évolution.

    Les réseaux se multiplient sur le marché du cycle. Dernier entré dans la course, Mondovélo aligne 10 unités. Elles ont rejoint un peloton déjà fourni avec, par ordre d’entrée en piste : Véloland, Bouticycle, Culture Vélo, Distri Cycle, Vélo Station. Sans oublier Velo & Oxygen qui repose sur un simple label. Cet engouement s’explique : le marché est en progression sensible depuis 5 ans. Et les adeptes sont de plus en plus demandeurs de lieux de vente spécialisés, où ils peuvent trouver un choix significatif de matériels et des conseils appropriés.
     

     Si cette activité, ouverte aux néophytes apparaît prometteuse et susceptible de séduire des candidats au commerce en réseaux, ils doivent savoir que la route n’est pas exempte d’embûches. D’abord parce que la concurrence est vive : en volume, la grande distribution (grandes surfaces multisports comme Décathlon ou Go Sport et hypermarchés) accapare 60 % du marché… et les détaillants sous enseigne seulement 11 %. Ces derniers améliorent toutefois leur score en valeur (avec 13 %), ce qui est assez logique, puisqu’ils commercialisent des produits plus qualitatifs.

    Par ailleurs les réseaux ne sont pas à l’abri de déraillements. C’est le cas en particulier de Bouticycle, qui regroupe, jusqu’à présent, l’équipe la plus importante du peloton (145 unités), mais fait l’objet depuis novembre 2006 d’une procédure de sauvegarde.

    Le réseau a grandi rapidement, via, essentiellement, le ralliement d’indépendants. Cette croissance rapide a été difficile à gérer : un changement de formule en cours de route (groupement puis franchise) a, semble-t-il, été  en partie à l’origine des difficultés actuelles.

    Quant à Véloland, première franchise apparue sur ce créneau (en 1993), elle cherche toujours sa voie. Après avoir connu, en 2002, un dépôt de bilan du fait de la défaillance de la tête de réseau, les magasins existants avaient intégré la coopérative Twinner. Mais les difficultés rencontrées par ce groupement ont conduit les 16 points de vente restants à reprendre, depuis le début 2007, leur indépendance en rachetant la marque. Le concept espère se redéployer. « Les nouveaux partenaires seront dans un premier temps franchisés, assure Jean-Pierre Lacombe, en charge du développement. Ils auront par la suite la possibilité de prendre des parts dans Véloland International ». Cette alliance de deux formules fonctionnera-t-elle ? C’est toute la question.

    D’autres chaînes peuvent faire état d’un parcours sans faute. Sans faire de bruit, Distri Cycle a créé, depuis six ans un réseau regroupant une trentaine de franchisés, essentiellement implantés dans le Nord-Ouest et le sillon rhodanien. Apparu en 2000, Culture Vélo fédère, autour d’un contrat de partenariat, 51 points de vente sur deux formats différents, en fonction de la taille de la ville. Il a aussi lancé une seconde enseigne, Vélo Station, qui a vocation à être dupliquée en franchise dans les centres villes. Six unités proposent, outre une gamme réduite de cycles, un service de location. Mais le concept ne peut sans doute s’implanter que dans les grandes agglomérations.

    Enfin Mondovélo a été lancé, en septembre dernier, par la coopérative Sport 2 000. Ce réseau ne regroupe pour l’instant que dix magasins. Une dizaine d’autres sont espérés en 2007. Et la chaîne vise une soixantaine de points de vente d’ici 2010. Un objectif ambitieux mais pas irréaliste car l’appui d’un groupement qui a fait ses preuves (500 magasins pour l’ensemble du territoire) représente un atout de poids.

    La course est donc plus que jamais ouverte pour fédérer les quelques 400 magasins de cycles indépendants existants dans l’Hexagone… et en créer quelques dizaines d’autres avec des entrepreneurs venus de l’extérieur. La difficulté, apparemment, réside dans le bon dosage à trouver entre le respect de l’indépendance des commerçants et la capacité d’un réseau à apporter un concept de magasin, des méthodes et une politique marketing. Des outils qui ne peuvent toutefois pas être imposés…

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