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    Un ex-franchisé accuse - Brève du 6 mars 2012

    Récemment mis en ligne et bientôt imprimé, “Devenir franchisé : ce qu’on ne vous dit pas” est d’abord une protestation. Celle d’un ex-franchisé qui reproche à son franchiseur de l’avoir abusé. Un témoignage accusateur auquel s’ajoutent une remise en cause plus large, des réflexions et des conseils destinés aux futurs franchisés.

    Rodolphe Galy-Dejean  rencontre son franchiseur en 2003. Tel qu'il le décrit lui-même, le concept – qui le séduit – “consiste pour les franchisés à vendre aux dirigeants de TPE une méthode de pilotage d'entreprise en temps réel, à les former à cette méthode et à les accompagner dans la gestion de leur société”.
    Hésitant (car il n'a pas la fibre commerciale), il se lance – finalement conquis – en 2005. Entre autres, raconte-t-il dans son livre, parce que le franchiseur (Rivalis) a annoncé la création prochaine d'une filiale chargée de trouver des clients aux franchisés.

    De l'engouement à la colère

    Problème : cette filiale ne “sera jamais créée”. Une exclusion du réseau, quatre ans de procédure et 17 000 euros plus tard, la cour d'appel de Paris lui donne en partie raison le 16 mars 2011. Le contrat est annulé pour« dol ». Le franchiseur doit lui rembourser 31 770 euros.
    Rodolphe Galy-Dejean ne s'en tient toutefois pas là. Et si certaines de ses accusations n'ont pas été retenues par les magistrats – sur le turnover ou la rentabilité par exemple – il les reprend dans son ouvrage, chiffres à l'appui.
    Il affirme ainsi (à partir des données publiées par le franchiseur) que le nombre annuel de sorties du réseau n'était pas de l'ordre de la dizaine, mais plutôt (en moyenne) de la quarantaine d'unités franchisées, sur la période 2006/2009 (sur environ 200 partenaires). Une réalité “dissimulée” selon lui par l'enseigne et révélatrice, suggère-t-il, d'une mauvaise rentabilité du concept pour les franchisés.

    Une relation “par nature déséquilibrée”

    Pour Rodolphe Galy-Dejean, le problème ne se limite pas, pour autant, au comportement de son ex-franchiseur. C'est la franchise elle-même qui souffre d'un trop grand déséquilibre. La position économiquement dominante des têtes de réseau favorisant leurs “comportements déviants”.
    Des têtes de réseau qui bénéficient selon lui en outre d'une « désinformation » organisée avec le concours des “promoteurs” de la formule : la fédération, la presse professionnelle et les spécialistes de la franchise…
    Face au discours “lisse” de ces acteurs, Rodolphe Galy-Dejean entend rétablir la vérité sur une série de sujets “tabous”. Par exemple, le taux de réussite réel des entreprises franchisées, dont il conteste qu'il soit  systématiquement supérieur à celui des indépendants isolés. Ou encore le nombre de conflits entre franchiseurs et franchisés, à l'en croire bien plus important qu'il n'y paraît.

    “Tirer un meilleur parti” de la franchise

    Afin de permettre aux franchisés de, quand même, “tirer un meilleur parti” de la franchise, l'auteur avance une série de propositions : “moderniser la  loi Doubin “”””” “,” rendre le Code de déontologie (de la FFF) imposable à tous les franchiseurs, créer un observatoire indépendant afin de réaliser des études statistiques fiables sur les performances réelles des franchises, etc.
    Et d'en appeler à “l'intelligence collective des franchisés” à qui il propose de constituer, à l'instar de leurs collègues américains, une association inter-réseaux.
    En 190 pages chargées de longues citations, Rodolphe Galy-Dejean assène son point de vue plus souvent qu'il ne le démontre. Même s'il appelle en renfort un célèbre ouvrage (de 1989), plusieurs universitaires ainsi que des études et des textes publiés plus récemment (aux USA). 
    La lecture de ce livre sera cependant utile aux candidats à la franchise. Elle devrait en effet les avertir sur les risques qu'ils peuvent encourir et sur la nécessité pour eux, avant de signer, de vérifier – entre autres – le turnover et la santé réelle des entreprises membres du réseau qu'ils envisagent de rejoindre.