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      Pizzas des villes contre pizzas des champs

      Sur le marché de la pizza livrée et à emporter, certains réseaux concentrent leur développement sur leur région d’origine, en évitant les grandes villes et ainsi, la concurrence directe avec les grandes chaînes nationales.

      Sur le segment de la vente de pizzas livrées ou à emporter, huit réseaux ont gagné 75 points de vente franchisés en 2009, soit une progression de 13,42 % par rapport à 2008 selon notre enquête Développement de novembre 2009. Dans une conjoncture globalement peu favorable, ce créneau est l’un de ceux qui parviennent à poursuivre leur expansion.Parmi les acteurs du marché, certains sont de grands réseaux internationaux, comme Domino’s Pizza (153 points de vente en franchise en France fin 2009) ou Pizza Hut (85). D’autres, des enseignes nationales comme La Boîte à Pizza (123) ou Speed Rabbit Pizza (113).
      D’autres encore se concentrent sur un développement régional, comme Pizza Sprint dans le Grand Ouest et Tutti Pizza en Midi-Pyrénées. Ou encore Pizza City, qui revendique 20 points de vente en franchise dans la région Nord-Pas-de-Calais. Une stratégie pertinente, compte tenu de la concurrence que se livrent les chaînes du secteur. Et payante si l’on en croit les principaux intéressés.Créée en 1989, Tutti Pizza se déploie en franchise depuis 2001 et ouvre en moyenne à 4 à 7 magasins par an. Le réseau comportait 36 points de vente fin 2009, dont 5 en propre. Trente-deux unités sont implantées sur Toulouse et sa région, dont 13 en centre-ville de la Ville rose.

      “Notre stratégie de développement restera régionale et nous nous fixons pour objectif de regrouper 50 magasins dans les 2 ans, explique Sébastien Bori, son directeur du développement. Autour de Toulouse, beaucoup de villages présentent un potentiel qui devrait nous permettre à terme de regrouper 100 magasins sans nous éparpiller.”

      Développé en franchise depuis 2004, Pizza Sprint aligne pour sa part 51 magasins en France, dont 25 en franchise et 12 en location-gérance. Cette année, la chaîne prévoit d’ouvrir 5 magasins en propre et 10 en franchise. Son rythme habituel de développement depuis deux ans sur sa région, le grand Nord-ouest de la France.

      “Nous nous limitons volontairement afin d’ancrer notre marque sur notre région d’origine. Qui offre encore un important potentiel de 60 à 80 villes sur lesquelles on peut implanter des magasins rentables, sur des zones de 10 à 100 000 habitants”, raconte son Pdg, Franck Guégan.

      La taille des villes ciblées est au cœur de ces stratégies régionales. Car, comme le souligne Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil, “les grandes agglomérations sont quasiment saturées, l’accès financier y est très élevé et la concurrence extrêmement forte : c’est là que l’on trouve les prix de vente les plus « cassés », à coup de promotions du type “une pizza achetée, une pizza offerte” “.

      C’est pourquoi, là où les grandes chaînes comme Domino’s ou Speed Rabbit Pizza visent des agglomérations de 50 000 habitants minimum, les réseaux régionaux préfèrent travailler sur des villes de taille inférieure : “Certains magasins Tutti Pizza installés sur des zones de moins de 4 000 habitants fonctionnent très bien, grâce à la clientèle des autres villages alentour qui élargissent la zone à 8 ou 10 000 habitants”, assure Sébastien Bori.

      Dans les petite villes, la concurrence est moins forte, le coût d’entrée dans les locaux est plus faible, et les loyers aussi. En outre, l’implantation d’un magasin y reste un évènement, ce qui n’est plus le cas dans une grande agglomération. “Alors que nous visions des villes de 25 000 habitants minimum il y a quelques années, nous avons réussi à nous implanter à Loudéac (moins de 10 000) ou encore Thorigné (7 500)”, souligne Franck Guégan.

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