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      Financement : des solutions pour les petits budgets

      Dernière mise à jour le 4 juin 2021

      Sans argent, on ne devient pas franchisé mais avec un petit apport personnel, on peut rejoindre une enseigne et lancer son affaire grâce à des formules dédiées.

      L’investissement initial à prévoir pour devenir franchisé est très variable : de 19 000 à 480 000 € hors local selon nos enquêtes. L’apport personnel nécessaire, lui, tourne autour de 30 % de l’enveloppe globale. Mais que faire quand on veut se lancer avec un petit budget, et que la plupart des projets paraissent inaccessibles sur le plan financier ?

      La solution la plus évidente consiste à adapter son projet à son budget : « Si vous n’avez pas les moyens pour ouvrir un McDonald’s, allez vers des concepts plus accessibles », conseille Olga Romulus, expert-comptable (Fiducial). Si la restauration rapide compte parmi les métiers les plus gourmands en apport personnel, d’autres comme les services à la personne sont beaucoup plus abordables. « Si vous avez un coup de cœur pour un concept, il existe des solutions alternatives comme la location-gérance ou la franchise participative », complète l’expert-comptable.

      Location-gérance : une solution temporaire

      Restaurant franchisé à l'enseigne del ArteLa location-gérance permet d’être indépendant sans acheter de fonds de commerce. Le locataire-gérant est totalement autonome dans la gestion du fonds qu’il loue et l’exploite à ses risques et profits : sa rémunération dépend de la qualité de son travail puisqu’il en perçoit le revenu net d’exploitation. McDonald’s ou les chaînes de proximité du groupe Casino (Spar, Vival ou Petit Casino) y ont notamment recours, de même que les réseaux Del Arte et Courtepaille.

      Principal avantage de cette formule : elle ne demande quasiment pas d’apport, ou du moins très peu comparé aux montants nécessaires pour devenir franchisé à part entière dans le domaine d’activité. « Le fonds de commerce préexistant est confié via un contrat de location-gérance au franchisé, qui verse un loyer chaque mois, précise Olga Romulus. Cela lui permet de démarrer avec un petit budget, mais aussi de se tester en tant qu’entrepreneur, de devenir employeur, d’accéder à la stature de chef d’entreprise et de tester le concept en temps réel, sur l’emplacement et dans les conditions du fonds. »

      « La location-gérance permet de se tester en tant qu’entrepreneur, de devenir chef d’entreprise sans avoir besoin d’investir. »

      Principal inconvénient de la location-gérance : il s’agit d’une solution temporaire, qui n’a pas vocation à se prolonger. « L’échéance peut être inscrite dans le contrat : le franchisé peut s’engager à racheter le fonds au bout de 3 ans, explique l’expert-comptable. Il peut aussi prévoir une durée renouvelable, d’un an par exemple. Mais dans ce cas, cela ne doit pas durer 20 ans ! »

      Encore faut-il que les conditions soient réunies pour que le locataire-gérant constitue l’apport qui lui manquait : « Il lui faut suffisamment bien gérer son affaire, mais aussi que le concept soit assez rentable pour lui permettre de se payer et d’épargner afin de devenir propriétaire du fonds », énumère Olga Romulus.

      Franchise participative : un exercice délicat

      Formule où le franchiseur est associé de façon minoritaire au capital du franchisé, la franchise participative permet de se lancer avec un petit budget… et l’aide du franchiseur. Ce dernier apporte une partie des fonds qui manquent au candidat… là encore, pendant un certain temps : jusqu’à ce que le franchisé puisse racheter ses parts et porter seul son projet. La franchise participative repose en effet sur un pacte d’associés entre le chef d’entreprise franchisé et la tête de réseau, qui prévoit les conditions de sortie de cette dernière. « On crée une SAS avec un pacte d’actionnaires qui définit les parts de chacun, le délai et les conditions de rachat des actions : c’est bien ficelé juridiquement », explique Olga Romulus.

      La franchise participative repose sur un pacte d’associés entre le chef d’entreprise franchisé et la tête de réseau, présente au capital.

      Contrairement à la location-gérance, la formule n’est pas soumise à des conditions d’exploitation. Mais comporte des contraintes : « Dans ce système, le franchisé partage le pouvoir : le franchiseur a une part de l’entreprise, qui peut être minoritaire, mais il participe aux décisions, il a un droit de regard et il perçoit des dividendes », commente Olga Romulus. Certains grands réseaux pratiquent encore la franchise participative mais ils y sont moins enclins qu’il y a quelques années car l’exercice est délicat. « Il y a eu des cas où, à la date prévue, le franchisé ne voulait plus racheter les parts du franchiseur, ce qui a entraîné des conflits d’actionnaires ». Cette solution est donc à envisager avec prudence.

      Petits formats : s’implanter malin

      Formule où le franchiseur est associé de façon minoritaire au capital du franchisé, la franchise participative permet de se lancer avec un petit budget… et l’aide du franchiseur. Ce dernier apporte une partie des fonds qui manquent au candidat… là encore, pendant un certain temps : jusqu’à ce que le franchisé puisse racheter ses parts et porter seul son projet. La franchise participative repose en effet sur un pacte d’associés entre le chef d’entreprise franchisé et la tête de réseau, qui prévoit les conditions de sortie de cette dernière. « On crée une SAS avec un pacte d’actionnaires qui définit les parts de chacun, le délai et les conditions de rachat des actions : c’est bien ficelé juridiquement », explique Olga Romulus.

      La franchise participative repose sur un pacte d’associés entre le chef d’entreprise franchisé et la tête de réseau, présente au capital.

      Contrairement à la location-gérance, la formule n’est pas soumise à des conditions d’exploitation. Mais comporte des contraintes : « Dans ce système, le franchisé partage le pouvoir : le franchiseur a une part de l’entreprise, qui peut être minoritaire, mais il participe aux décisions, il a un droit de regard et il perçoit des dividendes », commente Olga Romulus. Certains grands réseaux pratiquent encore la franchise participative mais ils y sont moins enclins qu’il y a quelques années car l’exercice est délicat. « Il y a eu des cas où, à la date prévue, le franchisé ne voulait plus racheter les parts du franchiseur, ce qui a entraîné des conflits d’actionnaires ». Cette solution est donc à envisager avec prudence.

      Franchises sans local : réservées à certains métiers

      En franchise, certaines activités peuvent être exercés sans surface de vente, c’est-à-dire sans local commercial avec vitrine : le service aux entreprises (publicité-communication, conseils aux PME- ressources humaines…), le bâtiment, rénovationou encore l’immobilier. « Dans les comptes de résultats d’une entreprise, parmi les charges externes, la première ligne et la plus importante, c’est le loyer, constate Olga Romulus. Dans les centres urbains, compte tenu des prix des loyers des emplacements commerciaux, c’est devenu un luxe d’avoir un point de vente physique ! Si on peut en faire l’économie, c’est bien – à condition que l’emplacement ne soit pas prépondérant pour la réussite du concept ».

      Véhicule à l'enseigne de rénovation de l'habitat Repar'StoresEn effet, si l’investissement à prévoir pour rejoindre une franchise sans local est moindre, les besoins en communication de lancement et les démarches de prospection commerciale sont plus importants. Car pour se faire connaître par les clients potentiels en l’absence de vitrine, il faut recourir à des moyens comme l’affichage, le publipostage, le référencement Internet, voire le « porte à porte »… « Il faut que le concept soit solide car dans la plupart des secteurs, l’emplacement est prépondérant, confirme l’expert-comptable. Dans le cas d’un concept basé sur la mobilité, comme par exemple Repar’Stores, le flocage des véhicules et la communication externe permettent de compenser l’absence de vitrine ».

      Crowdfunding : un financement alternatif

      Le financement participatif ou crowdfunding est un financement (“funding”) par la foule (“crowd”) de projets présentés publiquement pouvant collecter de très nombreuses contributions de petits montants auprès d’un public très étendu, généralement rendu possible par l’utilisation d’Internet. Il peut contribuer au financement d’un projet sous enseigne, en complément d’un emprunt bancaire classique.

      Le crowdfunding peut contribuer au financement d’un projet de création d’entreprise en franchise, en complément d’un emprunt bancaire classique.

      « Cette solution de financement se développe énormément, observe Olga Romulus. Elle permet de lever des fonds d’une manière moins traditionnelle qu’auprès des banquiers, avec beaucoup plus d’affect, de conviction pour le projet, pour son impact social ». Les contributeurs sont également moins regardants : « Par exemple, le besoin en fonds de roulement, qui peut être très important sur les 6 premiers mois n’est pas financé par les banques, ou très mal. Alors que le crowdfunding se positionne sur ce type de besoins »,souligne l’expert-comptable.

      Inconvénient majeur de cette solution : elle présente un coût financier élevé, avec des taux d’intérêts « de 7 à 12 %, contre moins de 2 % » pour les emprunts classiques, précise Olga Romulus. Reste que le crowdfunding « permet parfois de financer une partie sensible dans le projet qui n’est pas prise en charge par les banques », conclut l’expert-comptable.

      L’avis de l’expert-comptable : « Il existe des solutions astucieuses pour aller au bout de son idée. »

      « Si vous êtes porteur d’un vrai projet d’entreprise, l’argent ne doit pas être un frein », conseille Olga Romulus chez Fiducial.

      Olga ROMULUS Expert-comptable FIDUCIAL
      Olga Romulus, Expert-comptable chez Fiducial

      • En franchise, il faut un peu d’argent pour démarrer : avec zéro euro, ce n’est pas la peine d’insister. Mais si vous avez un peu d’apport, il ne faut pas se démotiver : si vous en avez vraiment envie, si vous êtes porteur d’un vrai projet d’entreprise, l’argent ne doit pas être un frein.
      • Il existe des solutions astucieuses pour aller au bout de son idée, même si cela prend plus de temps et passe par des voies détournées. Les franchiseurs sont de plus en plus friands de bons profils commerçants et professionnels : si vous n’avez qu’un peu d’argent, il faut réfléchir, être plus patient, plus malin que les autres.
      • En France, il existe beaucoup d’aides à la création, comme celles de Pôle emploi permettant de débloquer la moitié de ses droits pour booster son apport personnel (Arce), ou de bénéficier pendant 1 an de ses indemnités. Mais aussi les prêts d’honneur accordés par les plateformes France Initiative et Réseau Entreprendre ou les bourses délivrées par les Conseils régionaux.