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    Multifranchise : une question de profil et de moyens

    Dernière mise à jour le 5 avril 2018

    Tout le monde ne peut pas devenir multifranchisé. Certaines qualités sont indispensables. Des moyens financiers s’avèrent également nécessaires. Et il faut savoir recruter et former des managers.

    Sylvain Bartolomeu, consultant associé, cabinet Franchise Management« Tous les franchisés ne peuvent pas faire de bons multifranchisés », explique Sylvain Bartolomeu (Franchise Management, photo ci-contre). Certains profils sont, davantage que d’autres, en mesure de réussir. « Si vous êtes plutôt un faiseur, le fait de quitter le métier, le terrain, pour des fonctions de direction à distance pourra vous poser des problèmes », souligne le consultant.

    « La multifranchise s’adresse plutôt à des personnes qui ont déjà dirigé un centre de profit », confirme l’expert-comptable Éric Luc. D’autant qu’à un moment donné, si tout va bien, vous allez devoir diriger un mini-réseau avec plusieurs unités, plusieurs managers et, peut-être, selon votre secteur d’activité, plusieurs dizaines de salariés au total.

    La multifranchise a aussi un coût. « Les banquiers proposent parfois de financer la deuxième unité à 100 %. Ce n’est pas souhaitable, estime Éric Luc (Fiducial). ,Mieux vaut à nouveau respecter le taux habituel de 30 à 40 % d’apport personnel. En effet, en cas de retournement, vous ne pourriez pas rembourser 170 % de vos deux premières affaires ! »

    L’apport personnel en question peut, bien sûr, provenir du salaire ou des dividendes issus de l’activité du premier établissement. Mais il peut aussi avoir été mis de côté dès le départ. « Il faut toujours garder une poire pour la soif », conseille l’expert.

    Autre exigence : vous devrez installer des managers salariés aux commandes de vos points de vente. « Parfois, des personnes émergent en interne, observe Sylvain Bartolomeu. Mais ce n’est pas toujours simple. Dans la restauration par exemple, il est fréquent de voir 50 % du personnel changer dès les premiers mois. L’idéal, c’est d’avoir recruté dès le départ des personnes de confiance », estime le consultant.

    Faut-il associer ces managers au capital pour les motiver ? L’expert-comptable y est favorable. « Comme à tout ce qui peut laisser entrevoir une évolution » aux salariés ou aux franchisés.